Emmanuel Mvé Elemva: L’expérience face aux critiques
Dans la course à la présidence du Conseil régional du Sud, l’ancien capitaine des Lions indomptables, candidat à sa propre succession, demeure le plus expérimenté politiquement, malgré un bilan de terrain aujourd’hui contesté.
À l’approche de l’élection du président du Conseil régional du Sud, la bataille politique se précise. Des trois candidatures qui dominent les débats, celle du président sortant, Emmanuel Mvé Elemva, conserve un avantage majeur : son expérience politique et administrative.
Politiquement, il est un cadre historique du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais, (RDPC). Ancien président de comité de base, ex-membre de sous-section et ancien président de la section départementale du parti dans la Vallée du Ntem, il siège depuis près de trente ans au comité central du parti de Paul Biya.
Porte-parole de la délégation du Sud au congrès du RDPC de 1996 et membre de la coordination régionale aux côtés de Jacques Fame Ndongo et Édouard Akame Mfoumou, il a largement contribué à la structuration du parti, notamment par la multiplication des sous-sections, passées de 4 à 27 dans la Vallée du Ntem.
Sur le plan du parcours, le président sortant affiche un profil dense. Diplômé de l’École normale supérieure en mathématiques, physique et chimie, il est également titulaire d’un master en planification économique et gestion des finances publiques obtenu à l’université d’Anvers, en Belgique. Cette formation l’a conduit à occuper des fonctions variées, allant de l’éducation à la diplomatie, en passant par le secteur privé. Ancien proviseur du lycée technique des garçons de Yaoundé à seulement 22 ans, puis surveillant général du lycée Leclerc, il fut aussi attaché culturel à l’ambassade du Cameroun à Bruxelles et directeur administratif de Bouygues Offshore Cameroun.
Cependant, cette solide architecture politique ne suffit plus à faire taire les critiques. Candidat à sa propre succession à la tête du Conseil régional depuis 2020, Emmanuel Mvé Elemva est accusé par ses détracteurs d’un bilan jugé négatif. Sur le terrain, certains élus et acteurs locaux estiment que les cinq dernières années n’ont pas produit d’actions visibles à la hauteur des attentes des populations.
Toutefois, certains estiment qu’on peut encore lui attribuer le bénéfice du doute, d’autant plus qu’il disait lors d’une interview que ce premier mandat était celui de l’apprentissage. Maintenant, le président-sortant pense qu’il est désormais temps après l’apprentissage d’apporter toute son expérience à cette institution.
Julien Efila

