Régionale 2025: Le raz-de-marée du RDPC

Les élections régionales du 30 novembre dernier ont consacré la domination totale du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (RDPC) sur l’ensemble du territoire, confirmant sa capacité de mobilisation et son ancrage institutionnel.

Dans la foulée de la présidentielle d’octobre, le 30 novembre 2025, le Cameroun était appelé à renouveler ses conseils régionaux, un scrutin indirect qui devait mesurer la force politique des principales formations sur le terrain local. Ce vote, réservé aux conseillers municipaux et aux chefs traditionnels, n’a pas seulement affirmé la domination du RDPC : il l’a consacrée sans ambiguïté.

Selon les résultats proclamés par ELECAM, le RDPC a remporté la majorité des sièges dans les dix régions du pays, consolidant ainsi son contrôle sur la totalité des institutions régionales jusqu’en 2030. Cette victoire incontestable du RDPC, qui contrôlait déjà neuf conseils régionaux lors de la précédente mandature, témoigne d’un maillage territorial extrêmement fort, mais aussi d’une stratégie bien huilée de mobilisation de son électorat institutionnel. Dans certaines régions, comme le Sud-Ouest, le RDPC a même remporté tous les sièges disponibles, ce qui illustre l’emprise politique qu’il exerce sur les structures locales et traditionnelles.

Les résultats viennent après une campagne où l’opposition a dénoncé le caractère indirect du scrutin, estimant que ce système renforçait de manière disproportionnée les partis déjà bien établis, au détriment de toute dynamique démocratique ouverte et concurrentielle.

Pour les responsables du RDPC, cette victoire illustre une « confiance renouvelée » des grands électeurs envers les politiques initiées au niveau régional, tout en renforçant l’harmonie avec les orientations du gouvernement central.

Pour les experts politiques, ces élections démontrent surtout l’hégémonie du parti de Paul Biya sur le paysage politique camerounais, grâce à une organisation performante, une présence continue dans toutes les régions du pays et une capacité à structurer ses alliances à l’échelle locale. L’enjeu régional va bien au-delà de la simple représentation politique : ces conseils ont désormais des compétences accrues en matière de développement local, d’aménagement du territoire et de gestion des ressources.

Ainsi, le RDPC se retrouve aujourd’hui en position de piloter la mise en œuvre des politiques de décentralisation, avec une mainmise sur les décisions locales qui pourrait renforcer encore davantage son influence politique jusqu’aux scrutins législatifs et municipaux prévus en 2026.

Pour ses opposants, si cette victoire traduit une organisation robuste, elle reflète aussi un contexte institutionnel où la concurrence politique est structurée de manière à favoriser le parti au pouvoir.

Julien Efila

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