Mpox: Le gouvernement face au défi d’une riposte durable
En dépit des avancées notables dans la surveillance, la vaccination et la coordination de la réponse, le Cameroun reste confronté à d’importants défis financiers et opérationnels dans la lutte contre l’épidémie.
Le virus progresse. Réunis du 6 au 8 mai 2026 à Mbalmayo dans le cadre de la Revue Intra-Action (RIA), les principaux acteurs engagés dans la lutte contre le Mpox ont passé au crible la gestion de l’épidémie au Cameroun. Cette évaluation nationale a permis de mesurer les avancées enregistrées depuis l’apparition du premier cas en octobre 2025. Mais également de mettre en évidence les faiblesses qui continuent de fragiliser la réponse sanitaire.
Le principal frein demeure le déficit de financement. Sur un budget de plus d’un milliard de FCFA prévu pour la première phase opérationnelle, seulement 8,42 % des ressources ont pu être mobilisées. Cette insuffisance financière affecte directement les capacités opérationnelles de la riposte, notamment dans les domaines de la logistique, de la coordination et de la recherche opérationnelle.
À cela s’ajoutent les retards dans le rendu des résultats de laboratoire, la faible capacité de séquençage génomique ainsi que les contraintes sécuritaires dans certaines zones affectées, telles que dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Mais les autorités sanitaires saluent toutefois l’engagement des équipes déployées sur le terrain ainsi que la collaboration des partenaires techniques et financiers. La coordination multisectorielle mise en place autour du SGI est également considérée comme l’un des points forts de la réponse.
Selon les données présentées lors de la rencontre de Mbalmayo, le Cameroun comptait, au 5 mai 2026, 259 cas suspects, dont 48 confirmés, pour un décès enregistré, soit une létalité estimée à 1 %. Le Littoral demeure l’épicentre de l’épidémie avec 32 cas confirmés. Les hommes représentent la majorité des personnes infectées.
Face à cette évolution, les autorités sanitaires ont activé le Système de Gestion de l’Incident (SGI). Cette réactivité a permis de structurer la réponse autour de plusieurs axes prioritaires : surveillance épidémiologique, diagnostic en laboratoire, prise en charge des cas, vaccination, communication des risques, logistique et prévention des infections.
L’un des faits majeurs de cette riposte reste l’introduction de la vaccination contre la Mpox au Cameroun. Grâce à l’appui d’Africa CDC, le pays a reçu 10 000 doses de vaccins destinées principalement aux cas confirmés, à leurs contacts et aux personnels de santé exposés. Des campagnes ciblées ont ensuite été déployées dans plusieurs régions affectées.
Sur le terrain, plusieurs actions ont permis de renforcer les capacités de réponse. Le ministère de la Santé publique a multiplié les communications pour informer les populations sur la situation épidémiologique et les mesures de prévention. Treize réunions nationales du SGI ont été organisées, tandis que des missions d’appui ont été conduites dans les régions les plus touchées.
Dans le même temps, 81 personnels de santé du Littoral et du Centre ont bénéficié de formations destinées à améliorer la détection, la notification et la prise en charge des cas. Les investigations menées dans plusieurs districts sanitaires, notamment à Deido, Mfou, Akwaya et Maroua, ont également permis d’affiner la surveillance de l’épidémie.
Le dispositif de laboratoire a également connu des avancées significatives avec la mise en place d’un réseau comprenant deux laboratoires de référence et un laboratoire régional. Les opérations de séquençage génomique ont confirmé la circulation simultanée des deux principaux clades du virus dans certaines régions du pays.
Julien Efila

