Inflation en 2025: Ngaoundéré et Bamenda, villes les plus chères

Avec un taux d’inflation de 4,5% chacune, les capitales régionales de l’Adamaoua et du Nord-Ouest arrivent en tête des cités où la hausse des prix a été la plus marquée au cours de l’année dernière.

À en croire la note mensuelle sur les prix à la consommation finale des ménages, produite en décembre 2025 par l’Institut national de la statistique (INS), Ngaoundéré et Bamenda se distinguent comme les villes les plus chères du Cameroun au cours de l’année écoulée. D’après le document parvenu à notre rédaction, ces deux capitales régionales affichent un taux d’inflation de 4,5%, nettement supérieur à la moyenne nationale estimée à 3,4%. Elles devancent ainsi Bafoussam (4,1%), Yaoundé (3,7%), Buea (3,7%), Ebolowa (3,3%) et Douala (3,2%),

Confirmant l’existence de fortes disparités territoriales dans l’évolution du coût de la vie, ces écarts traduisent avant tout des réalités économiques et logistiques contrastées. À Ngaoundéré et Bamenda, la pression inflationniste est accentuée par des coûts de transport élevés, une disponibilité inégale des produits locaux et des circuits d’approvisionnement parfois fragilisés, notamment dans un contexte de perturbations logistiques persistantes dans certaines zones, explique la note.

À l’inverse, des villes comme Maroua (2,2%), Bertoua (2,4%) ou Garoua (2,7%) enregistrent des hausses plus contenues, parce qu’elles bénéficient d’une meilleure accessibilité aux produits agricoles locaux et de circuits de distribution plus courts.

Au-delà de ces disparités géographiques, l’INS souligne une tendance globale au ralentissement de l’inflation. Après avoir atteint 7,4% en 2023 puis 4,5% en 2024, le taux d’inflation annuel s’établit à 3,4% en 2025, confirmant une atténuation progressive des pressions inflationnistes. Ce niveau demeure toutefois au-dessus du seuil communautaire de 3% fixé par la CEMAC.

L’évolution récente des prix montre également des signaux de détente en fin d’année. En décembre 2025, les prix à la consommation des ménages ont reculé de 0,1% par rapport à novembre, après une hausse mensuelle de 0,5% le mois précédent. Ce retournement s’explique principalement par la baisse de 0,8% des prix des produits alimentaires, une première depuis janvier 2025. Pour le statisticien national, cette évolution reflète un relâchement des tensions sur l’approvisionnement alimentaire, lié à une meilleure disponibilité des produits sur les marchés et à un retour progressif à une situation logistique plus stable.

En glissement annuel, l’inflation ressort à 2,5% en décembre 2025, contre 3,3% en novembre et 5,0% en décembre 2024. Après le rebond observé en novembre, la dynamique annuelle renoue ainsi avec une trajectoire baissière, confirmant l’essoufflement progressif de la vague inflationniste amorcée en 2022.

Sur une période plus longue, le choc reste néanmoins significatif. Entre 2022 et 2025, l’inflation cumulée atteint 23,3%, contre 17,5% sur l’ensemble de la période 2013-2021. Cette flambée est largement imputable à la hausse des prix des produits alimentaires (+41,8%) et à celle des coûts de transport (+35,8%).

L’INS note par ailleurs que l’inflation reste majoritairement d’origine interne. Les prix des biens et services produits localement ont augmenté de 3,9%, contre 2,2% pour les produits importés. Cette situation reflète des pressions sur les coûts de production, dans un contexte de dépendance persistante aux intrants importés, mais aussi une demande intérieure en progression.

Par Julien Efila

 

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