Inéligibilité de Paul Biya: La Cour constitutionnelle rejette la requête de Akere Muna

La demande d’invalidation de la candidature du Président sortant à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 a été jugée recevable par l’auguste juridiction, cependant « non justifiée », au terme de plus de deux heures d’une audience très courue, à laquelle prenait part un parterre de personnalités, dont Mvondo Ayolo, le directeur du Cabinet Civil.

C’est un sentiment de satisfaction et de déception mêlées qui habite le candidat de Univers à la présidentielle d’octobre prochain au sortir de l’audience du Conseil constitutionnel de ce vendredi 22 août 2025.  Le Conseil constitutionnel saisi de la requête aux fins d’invalidation de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, l’a jugée recevable quant à la forme, mais l’a cependant rejetée en dernier ressort, parce que « non justifiée », au terme d’une audience de plus de deux heures d’horloge, qui a drainé pas mal d’observateurs.

Dans ses prétentions, Akere Muna fait valoir que « l’inéligibilité » de Paul Biya qui a pour base juridique l’article 118 de la loi électorale, se justifie par ses absences prolongées hors du pays, ou encore par ses rares apparitions publiques où il semble désorienté, selon lui.  Akere Muna, également candidat, entendait démontrer au Conseil, que le chef de l’État, Paul Biya, âgé de 92 ans, ne gouvernait plus effectivement le pays. Devant la barre, l’ancien bâtonnier a dénoncé ce qu’il a qualifié de « dépendance organisée qui profite non pas à l’État du Cameroun, mais à un entourage qui usurpe la volonté présidentielle ». Dans son propos, il a particulièrement ciblé la première dame, Chantal Biya et le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui bénéficie depuis 2019 d’une délégation permanente de signature.

Certificat médico-légal

Réagissant à ces prétentions, le Conseil de l’Etat du Cameroun, Me Achet, a rappelé que la délégation de signature « entre dans le fonctionnement normal de l’administration » et est « prévue par la Constitution » pour le secrétaire général de la présidence. « Il aurait fallu qu’on produise dans ce dossier un certificat médico-légal du candidat qui a été contesté. Vous avez vu que le demandeur à la requête a avoué lui-même ne pas être en possibilité d’apporter cette preuve », a-t-il soutenu. Les avocats du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), ont pour leur part contesté la validité de la vingtaine de pièces versées au dossier – coupures de presse et une vidéo pour l’essentiel -, les estimant « insuffisantes » pour établir l’inéligibilité du chef de l’État. Après avoir examiné les arguments des différentes parties, le Conseil constitutionnel a suivi les conclusions de la défense et rejeté la requête déposée par Akere Muna.

Pour l’ancien Bâtonnier, le verdict importait moins que le fait d’attirer l’attention sur cette situation. « Il faut que les Camerounais le sachent, le président Biya n’est pas là, il ne nous gouverne plus, cela c’est une chose grave. La postérité va nous juger », a-t-il indiqué dans son adresse à la presse. Un argumentaire que tente de battre en brèches Grégoire Owona, le Secrétaire général adjoint du RDPC : « le président est en possession de ses moyens et le Conseil n’a fait que dire le droit. Nous sommes très satisfaits du verdict. Nous étions là avec le directeur du Cabinet Civil, le ministre Ayolo, qui repartait tout de suite pour une séance de travail avec le président. De quoi voulez-vous parler ? »

Rappelons que c’est la première fois que le Conseil constitutionnel se prononce sur l’éligibilité du président Paul Biya au pouvoir depuis 43 ans et qui brigue un huitième mandat consécutif à l’occasion de la prochaine élection présidentielle.

Evariste Menounga

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