Industrie militaire: Le MINDEF passe à la vitesse supérieure à Yaoundé
Avec le lancement du chantier de l’atelier central Maître bottier à Ekounou, le Cameroun franchit une étape majeure dans sa transition technologique et économique en s’apprêtant à chausser localement l’ensemble de ses Forces de Défense et de Sécurité.
Joseph Beti Assomo, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, a inspecté le 28 mai 2026, le chantier de construction du futur atelier central Maitre bottier à Yaoundé. Une infrastructure de pointe de 1730 m3 qui incarne le changement de paradigme des Forces armées camerounaises, désormais résolument engagées dans la coproduction de la richesse nationale et l’indépendance technologique. Pour cette descente sur le terrain, le chef du département de la Défense était entouré d’un aéropage de premier plan avec à ses côtés, le Secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé de la Gendarmerie nationale Yves Landry Galax Etoga, une forte délégation d’Officiers généraux, ainsi que des plus hautes autorités militaires du pays. Cette présence témoigne à elle seule l’intérêt névralgique que revêt ce projet pour l’avenir des Forces armées camerounaises.
Le point d’orgue de cette inspection a été sans conteste la présentation technique détaillé du projet architectural. Cet exposé magistral a été délivré par Elie Martial Chokouaha, architecte en chef et représentant attitré de l’entreprise Visa Longchamp SARL, en charge des travaux. Plans à l’appui, les autorités ont pu apprécier l’avancement d’un chantier qui redessinera les standards logistiques nationaux. Bâtie sur une emprise foncière impressionnante d’environ 1 730 mètres carrés, cette future unité industrielle n’est pas qu’un simple atelier d’artisanat, mais plutôt un complexe de pointe, entièrement modernisé et qui disposera des machines de dernière génération. Sa vocation est exclusive et sans ambiguïté, car cette structure va procéder à la production en masse de chaussures, de bottes de combat et des souliers d’apparat destinés à toutes les composantes sans exception l’ensemble des Corps habillés du Cameroun (Armée, Gendarmerie, Police, Sapeurs-Pompiers, Douanes et Administration pénitentiaire.
Jusqu’ici tributaire des importations ou de commandes fragmentées pour chausser ses troupes, le Cameroun s’apprête ainsi à inverser la tendance, grâce à une capacité de production calibrée pour répondre à la demande globale. L’atelier central Maitre Bottier d’Ekounou, permettra de rationaliser les coûts, d’harmoniser les dotations et d’assurer une réactivité sans faille dans l’approvisionnement des personnels sur le terrain. En produisant localement ce dont ses soldats ont besoin, le Cameroun pose les bases solides de son autonomisation stratégique, notamment dans un contexte géopolitique mondial marqué par l’incertitude et la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales, la maîtrise de sa propre logistique militaire devient un impératif de souveraineté.
C’est la concrétisation de la vision d’une armée capable de subvenir de manière autonome à ses besoins essentiels. En somme, la trajectoire de modernisation logistique prévoit dans les toutes prochaines phases, l’implantation d’une usine nationale de munitions, destinée à sécuriser les approvisionnements en petits et moyens calibres. Plus impressionnant encore, le plan intègre la création d’une unité d’assemblage et de construction de véhicule blindés. Cette montée en puissance technologique permettra au Cameroun de basculer dans le club restreint des nations africaines dotées d’une véritable base industrielle et technologique de défense.
Arnaud Joseph Etoundi

