Fonction Publique: Joseph LE remobilise ses troupes sur le progiciel AIGLES

Face aux lenteurs constatées dans l’adoption de l’Application Intégrée de Gestion des personnels de l’État et de la Solde, le ministre de Fonction Publique et de la Réforme Administrative (Minfopra), passe à la vitesse supérieure pour secouer ce qu’il qualifie ouvertement de « paresse administrative ».

Le ton est donné et il est particulièrement ferme. Face à ce qu’il qualifie sans détours de « paresse administrative », le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (Minfopra), Joseph LE, a lancé le 15 mai 2026, une offensive d’envergure. L’objectif est de secouer les administrations centrales et accélérer de manière définitive l’appropriation de l’Application Intégrée de Gestion des Personnels de l’État et de la Solde (AIGLES), le nouveau joyau technologique destiné à moderniser la gestion des agents publics camerounais. Malgré un déploiement technique réussi, le constat sur le terrain est amer avec notamment la résistance au changement et l’inertie de certains ministères menacent de gripper la machine de la modernisation. Pour le patron du Minfopra, le temps de la transition passive est révolu, place désormais à la remobilisation forcée.

L’ambition de AIGLES est pourtant claire et compte rompre définitivement avec les lourdeurs bureaucratiques, sécuriser le fichier de l’État, centraliser la gestion des carrières et rationnaliser la solde pour en finir avec les agents fictifs et les circuits de traitement interminables. Sur le plan purement informatique, les voyants sont au vert. Les infrastructures sont en place, le progiciel est fonctionnel et la transition technique est achevée. Pourtant, l’outil tourne à bas régime dans plusieurs départements ministériels. Une situation que le ministre Joseph LE refuse de tolérer plus longtemps. C’est dans cette dynamique que lors de sa prise de parole, le membre du gouvernement n’a pas mâché ses mots, fustigeant une forme de passivité, voire de mauvaise volonté, au sein de certaines administrations utilisatrices. Ce décalage entre la disponibilité de la technologie et son utilisation effective mat en lumière un mal profond qui est celui de l’inertie bureaucratique face aux réformes numériques.

Les enjeux d’un succès collectif

Pour inverser cette tendance, le Minfopra ne se contente plus d’injonctions écrites depuis les bureaux de Yaoundé. Une véritable stratégie de choc a été déployée car depuis le 13 mai 2026, des équipes mobiles d’experts informatiques et de gestionnaires de ressources humaines sillonnent les différents ministères. Cette task-force a pour mission d’offrir un accompagnement technique de proximité, une sorte de service après-vente de la réforme, directement aux tables de travail des agents réticents ou en difficulté, l’idée étant de désamorcer les blocages techniques immédiats, de former sur le tas et de retirer tout prétexte lié à une approche de terrain. Le Minfopra entend de ce fait couper court aux arguments d’imprégnation souvent avancées par les directions des ressources humaines des ministères sectoriels. La remobilisation engagée par Joseph LE, s’accompagne d’un tournant managérial rigoureux, puisque le ministre a annoncé l’instauration d’un système de suivi hebdomadaire particulièrement strict. À cet effet, chaque administration sera évaluée au microcosme sur son niveau d’utilisation du progiciel et sur le volume de dossiers traités via la nouvelle plateforme.

Notons que le premier test grandeur nature de ce nouveau régime de surveillance est d’ailleurs imminent et une réunion d’évaluation cruciale est programmée pour le 19 mai 2026. Lors de ce rendez-vous, un premier bilan des équipes mobiles sera dressé, et les premiers points de blocage seront formellement identifiés.  Au-delà de la simple mise à jour informatique, l’enjeu de la réussite di projet AIGLES est hautement stratégique pour l’État du Cameroun. La modernisation de la fonction Publique est un pilier essentiel de développement et une administration numérisée est la garantie d’un service public plus rapide pour les usagers, d’une réduction drastique de la corruption et surtout d’une meilleure maitrise des dépenses publiques liées à la masse salariale.

Arnaud Joseph Etoundi

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
11 × 10 =


Enregistrez vous à notre newsletter