Souveraineté numérique: Le Cameroun au cœur de la régulation mondiale en Turquie
Alors que les dynamiques de l’économie numérique mondiales se redessinent à un rythme effréné, l’Afrique n’entend plus se positionner en simple spectatrice. En s’impliquant directement dans les instances décisionnelles internationales à Ankara du 13 au 15 mai 2026, la régulation camerounaise franchit un cap historique, affirmant sa souveraineté face aux mutations de la 5G et des constellations de satellites en orbite basse.
Le signal envoyé par le Cameroun est clair, net et résolument tourné vers l’avenir. En prenant une part active au Symposium international des régulateurs (GSR), du 13 au 15 mai 2026 à Ankara la capitale Turque, le Directeur général de l’Agence de Régulations des Télécommunications (ART) Philémon Zoo Zame, a positionné le pays bien au-delà d’une simple figuration diplomatique. Dans les travées de ce grand rendez-vous mondial de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), la délégation camerounaise a défendu avec vigueur sa vision d’un numérique souverain, inclusif et audacieux. Pour Yaoundé, il s’agit d’une mue stratégique, car le Cameroun ne veut plus seulement consommer les technologies de demain, il entend co-écrire les règles qui les gouvernent. Ouvert le 13 mai 2026, le Symposium s’est clôturé par un acte fondateur qui est celui de l’adoption des Best Practice Guidelines (Lignes directrices sur les meilleurs pratiques). Ce document de référence mondial servira de boussole aux gouvernements et aux régulateurs des cinq continents pour harmoniser les politiques publiques de connectivité.
En apportant sa contribution directe à ce texte, l’ART valide la reconnaissance croissante de l’expertise nationale camerounaise. Cette participation active démontre que les problématiques spécifiques du continent africain liées à des fractures numériques géographiques, des contraintes énergétiques et impératifs de développement local sont désormais intégrées au plus haut niveau des instances décisionnelles mondiales. Le régulateur camerounais s’impose ainsi comme l’un des porte-flambeaux d’une régulation mode, capable d’allier flexibilité économique et fermeté régalienne. En effet, le triple défi 5G, Satellites LEO et Souveraineté impose une refonte des logiciels de régulation au paysage technologique actuel. De ce fait, l’Afrique et le Cameroun en particulier, font face à une accélération sans précédent où trois chantiers majeurs s’entrecroisent. Parmi ces chantiers, il y a en prime l’atterrissage de la 5G et la gestion des fréquences dont le déploiement de cette technologie de 5e génération n’est plus une promesse lointaine, mais une réalité industrielle.
Pour l’ART, le défi consiste à orchestrer une transition fluide vers le très haut débit mobile et cela exige une allocation optimale et transparente du spectre des fréquences, mais aussi une surveillance accrue de la cybersécurité des infrastructures critiques, la 5G démultipliant les points d’entrée potentiels pour les cybercriminels. L’émergence des constellations de satellites en orbite basse (LEO) bouscule totalement le modèle des opérateurs traditionnels. Ces technologies offrent une opportunité historique pour désenclaver instantanément les zones rurales les plus reculées du Cameroun, là où la fibre optique peine à arriver. À l’ère du Big Data, la souveraineté digitale est au centre du jeu avec comme priorité la protection des données des citoyens et le stockage local des informations stratégiques. Face à ces bouleversements, la posture défendue par le directeur général de l’ART prône une régulation de 3e génération. Il ne s’agit plus de brider le marché par des barrières administratives rigides, mais de créer un écosystème indicatif dont l’objectif est de stimuler l’investissement privé et de favoriser l’émergence de start-ups locales, tout en protégeant fermement les droits et les pouvoir d’achat des consommateurs camerounais.
Arnaud Joseph Etoundi

