École catholique: Les principaux des collèges face aux défis de la modernisation

Réunis à Yaoundé du 25 au 26 février, les chefs d’établissement catholiques ont placé la gouvernance, la discipline et l’innovation au cœur d’une réflexion stratégique pour sauver et moderniser l’école catholique.

Réfléchir ensemble sur les voies et moyens de renforcer la gouvernance, la cohérence stratégique et la capacité d’innovation des établissements de l’enseignement catholique, afin de faire de l’école catholique une communauté éducative engagée dans la transformation sociale, porteuse de paix et d’espérance. Telle était l’ambition affichée par les principaux des écoles catholique à l’occasion de leur assemblée annuelle générale, les 25 et 26 février dernier à Yaoundé.

Placée sous le thème général « L’école catholique, communauté éducative innovante, engagée dans la transformation, porteuse de paix et d’espérance », la rencontre a été présidée par Mgr Damase Zinga Atangana, au nom de la commission épiscopale pour l’éducation catholique.

Sur le plan institutionnel, l’assemblée visait d’abord à informer et outiller les principaux sur les procédures et critères de soumission des demandes de subventions publiques. Dans un environnement où les ressources sont limitées et la concurrence accrue, la maîtrise des mécanismes administratifs apparaît comme un enjeu stratégique pour la survie et le développement des établissements.

Mais au-delà des aspects techniques, les échanges ont pris une tonalité plus profonde. Comment articuler Église, éducation et bien commun dans un contexte africain marqué par des réalités culturelles spécifiques ? Comment faire de l’école catholique un lieu d’excellence académique, mais aussi de formation intégrale, enracinée dans les valeurs évangéliques et attentive aux défis contemporains ?

Le projet de plan stratégique 2026-2031 du Seneca, présenté, analysé et enrichi en plénière, se veut une boussole pour les années à venir. Gouvernance, qualité des apprentissages, formation des enseignants, viabilité financière, innovation pédagogique : les axes proposés traduisent la volonté d’inscrire l’action éducative dans une dynamique de long terme.

Autre axe fort : l’éducation à l’entrepreneuriat. À travers le programme de « semence entrepreneuriale », il s’agit d’inculquer aux élèves l’esprit d’initiative, la créativité et le sens de la responsabilité économique dès le plus jeune âge.

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte préoccupant. Crise des repères moraux, affaiblissement de la discipline, perversion des mœurs chez certains jeunes : les constats, partagés dans la salle, appellent à une réaction ferme. À l’ouverture des travaux, Mgr Paul Nyaga, secrétaire national de la Conférence épiscopale, a lancé un appel sans détour : « Les signes de dépravation des mœurs, de violence verbale, morale ou sexuelle et les dérives de certains comportements juvéniles exigent de nous une vigilance accrue. » Il a exhorté les responsables à veiller « avec discernement et fermeté » sur la discipline et l’éthique, à accentuer les mécanismes de contrôle et de prévention, à accompagner pastoralement les victimes et leurs familles, et à appliquer rigoureusement la politique de protection des mineurs et des adultes vulnérables adoptée par la Conférence.

La dynamique s’est poursuivie le 27 février, toujours au siège de la Conférence épiscopale à Yaoundé, avec les assises du comité permanent des secrétaires à l’éducation, consacrées à l’évaluation à mi-parcours de l’année scolaire 2025-2026.

Julien Efila

 

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