Eau : Source de vie et de développement économique
A l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’eau le 22 mars 2026, sous le thème « Eau et genre », plusieurs femmes et filles au Cameroun parcourent souvent des kilomètres au quotidien à la recherche de ce précieux sésame.
« L’eau c’est la vie », n’a-t-on pas coutume de dire, car sans elle, aucune forme de vie ne serait possible sur la terre. Ce précieux liquide, qui est vital pour l’humanité et assure la pérennité des espèces fait souvent l’objet de convoitise et source de conflits entre riverains, notamment dans des zones sahéliennes où cette denrée se faire rare. En effet, la question de l’eau pose un double défi, tant pour la gestion durable des ressources que pour l’accès aux populations. L’accès à l’eau, notamment en eau potable est considéré par les Nations Unies comme un enjeu essentiel pour le développement socio-économique. En 2019 déjà, les chiffres avancés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF, montraient que 2.2 milliards de personnes n’avaient pas toujours accès à de l’eau potable de manière sûre et continue, une situation d’autant plus critique dans des zones sahéliennes de certains pays en Afrique à l’instar du Cameroun.
Avec plus de 34% de sa population n’ayant pas accès à l’eau potable, notamment dans les régions de l’Extrême-Nord, Nord et Adamaoua, où des femmes et des jeunes filles sont obligées de parcourir des kilomètres chaque jour à la recherche de ce précieux sésame, le Cameroun fait donc partie de ces pays là où la situation en matière d’approvisionnement en eau reste préoccupante. Avec la journée de l’eau qui s’est célébrée le 22 mars 2026 sous le thème « Eau et genre » a permis une fois encore de comprendre que cette ressource naturelle est une question de vie. Elle est indispensable à la production alimentaire, à la santé, aux moyens de subsistances et régule les écosystèmes. Pourtant, l’accès à l’eau et les droits en matière de gestion de cette dernière sont souvent caractérisés par des inégalités. Dans les zones rurales par exemple, les femmes et des filles sont confrontées à des obstacles en matière d’approvisionnement. Il faut alors parcourir plusieurs kilomètres à la recherche de l’eau. Ce sont elles également qui s’occupent des personnes que l’eau insalubre a rendu malade, une batterie de corvées qui finissent même par dégrader leur santé.
Améliorer la fourniture en eau
En 2025, le Cameroun s’était fixé des objectifs, avec une vision d’améliorer de 75% son taux d’accès à l’eau potable pour les populations. La situation d’accès en eau reste toutefois préoccupante, selon une enquête nationale de 2021 réalisée par l’Institut nationale de la Statistique qui révèle que seulement 29% des ménages camerounais bénéficient d’un accès au réseau public de distribution d’eau. Selon les mêmes données, il ressort que 40% de ménages font recours aux forages et puits à pompes pour s’approvisionner en eau, suivi des puits protégés soit 17%, 14% des puits non protégés et 10% des sources protégées. Cependant l’on observe dans la plupart des cas, la survenance des maladie hydriques entrainant des complications sanitaires, voire mortelles. En mai 2025, la banque mondiale a approuvé la première phase du programme de sécurité en de l’eau au Cameroun dans le cadre d’une approche programmatique à phases multiples (Mpa) dont l’objectif global vise à renforcer les institutions, améliorer la gestion des ressources en eau et d’assainissement dans certaines régions du pays.
Dotée d’une enveloppe de 950 millions $, comprenant des crédits de l’Association internationale de développement (IDA) et autres partenaires, l’Approche programmatique à phases multiples se déroulera en trois phases soit 200 millions $ pour la première phase, qui aidera le gouvernement à mettre en place un programme d’allocation des ressources financières pour améliorer l’accès aux services dans les prochaines phases et à investir dans la sécurité hydrique et l’assainissement rurales et semi-urbaines prioritaires. Les programmes qui vont s’étendre sur une durée de 11 ans (mai 2025 à mai 2036) soutiendrons également la transformation de la Cameroon Water Utilities (Camwater) afin d’améliorer la prestation de services d’eau à ses clients). Outre les fonds affectés pour la phase 1 les phases 2 (400 millions$ singapouriens et phase 3 (350 millions $ singapouriens) vont permettre au Cameroun à travers ces programmes de fournir à environ 3,9 millions de personnes en eau et de services d’assainissements à 2.9 millions autres personnes afin d’atteindre ses cibles à l’horizon 2030 qui sont de porter l’accès à l’eau potable à 77% et l’accès à l’assainissement à 56% en milieu rural.
Par Arnaud Joseph Etoundi

