Droits humains: Près de 500 personnes tuées au Cameroun en 2025
Le rapport annuel publié récemment par l’ONG « Un Monde Avenir », révèle une baisse des meurtres dans les régions anglophones, mais une recrudescence des violences dans d’autres zones du pays, notamment dans l’Extrême-Nord.
Au moins 481 personnes ont été tuées au Cameroun en 2025. C’est l’un des principaux constats du rapport annuel sur la situation des droits de l’homme publié récemment par l’ONG Un Monde Avenir (1MA) et ses partenaires. Si les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest enregistrent une baisse des meurtres par rapport aux années précédentes, les violences restent très présentes à l’échelle nationale, avec un nombre élevé de victimes dans l’Extrême-Nord et une hausse globale des atteintes aux droits humains, particulièrement durant la période électorale.
Selon le document, 174 personnes ont été tuées dans les régions anglophones, contre 259 dans l’Extrême-Nord, tandis que 48 autres décès ont été recensés dans le reste du pays. Les victimes sont en majorité des civils. Le rapport dénombre en effet 372 civils tués, mais aussi 70 membres des forces de défense et de sécurité, 52 combattants de groupes armés non étatiques et 45 éléments de Boko Haram. Pour les auteurs du rapport, ces chiffres traduisent une violence qui change de visage sans pour autant disparaître. « Les atteintes concernent principalement le droit à la vie, la liberté et la sécurité de la personne », soulignent-ils, en indiquant que les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Littoral, du Centre et de l’Extrême-Nord demeurent les principaux foyers de violations des droits humains.
Au-delà des homicides, le rapport fait état de 2 792 cas de violences et de violations des droits humains enregistrés au cours de l’année. Les auteurs relèvent notamment une forte dégradation de la situation entre octobre et décembre 2025, période marquée par l’élection présidentielle du 12 octobre et les semaines qui ont suivi. Les enlèvements restent également une source d’inquiétude. Au total, 377 personnes ont été kidnappées, dont 338 dans l’Extrême-Nord. La plupart de ces rapts ont été suivis de demandes de rançon. Dans le même temps, 2 500 arrestations et détentions arbitraires ont été documentées. Le rapport indique que certaines victimes auraient dû verser de l’argent pour retrouver leur liberté.
Les restrictions des libertés publiques figurent aussi parmi les faits relevés. Les organisations ayant contribué au document ont recensé 17 interdictions de réunions ou de manifestations publiques, ainsi que plusieurs atteintes à la liberté d’expression. Elles dénoncent également un « usage excessif et disproportionné de la force contre des citoyens qui expriment leurs opinions », précisant que ces interventions ont parfois conduit à des exécutions sommaires. À ces violations s’ajoutent 44 explosions et incendies dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, 27 cas de violences basées sur le genre ainsi que deux cas de destruction illégale d’espaces commerciaux, considérés comme des atteintes aux droits économiques et sociaux.
Le rapport, apprend-on, est le fruit d’un travail de collecte mené tout au long de l’année par Un Monde Avenir, en collaboration avec d’autres organisations de la société civile, des journalistes et des personnes ressources présentes sur l’ensemble du territoire. Les données ont été réunies selon une méthode de suivi, de documentation et de vérification des faits afin de dresser un état des lieux des violations des droits humains enregistrées en 2025.
H.T

