Dégradation des routes: Le gouvernement à la quête de solutions innovantes
Le Conseil national de la route (Conaroute) réuni le 1er juillet 2025 à Yaoundé dans le cadre de sa 28e session sous la présidence du Premier ministre, a donné l’occasion aux participants d’explorer les différentes technologies en matière de construction et/ou d’entretien de nos routes, notamment les matériaux entrant dans la composition des structures de chaussée.
Comment améliorer la qualité de nos routes, notamment en explorant les voies alternatives et les différentes technologies en matière de construction et/ou d’entretien, notamment les matériaux entrant dans la composition des structures de chaussée dans la quête du meilleur rapport qualité/coût des projets d’infrastructures routières. La question a préoccupé les participants à la 28e session du Conseil national de la route (Conaroute) réuni le 1er juillet 2025 à Yaoundé sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement.
Sous le thème central « les propositions d’alternatives de construction et d’entretien des voiries du Cameroun », les membres statutaires du Conaroute et des invités ont suivi l’exposé du Minhdu sur « la capitalisation des enseignements tirés de la construction de certaines voiries en béton compacté au rouleau (BCR) : cas spécifiques des villes de Bafoussam, de Garoua, de Bertoua, de Maroua et de Bamenda ». Célestine Ketcha Courtès a relevé que la technologie du béton compacté au rouleau a été introduite au Cameroun dans le cadre du Programme sectoriel des transports, lié au 2e Programme d’ajustement structurel.
Une étude financée par la Banque mondiale a comparé les technologies routières à base d’enrobés bitumeux à celles utilisant le béton de ciment. Les résultats de cette étude, explique le ministre de l’Habitat, ont clairement établi que la technologie du BCR constituait l’option la plus adaptée aux réalités locales.
Technologies inadaptées
En somme, soutient-elle, il s’agit d’une technologie routière innovante qui utilise des matériaux locaux (ciment, granulat, eau) et des moyens techniques locaux. Et pour cause, explique-t-elle, la formulation spécifique de béton sec utilisée pour le BCR permet d’obtenir une chaussée durable et résistante. La mise du BCR ne nécessite, ni importation de ressources extérieures, ni recours à des technologies inadaptées au contexte national.
Malgré quelques inconvénients observés dans sa mise en œuvre, cette technologie présente plusieurs avantages, notamment une durabilité élevée, avec une durée de vie pouvant dépasser 30 ans, sans entretien majeur, une réduction significative du coût global, jusqu’à 2,8 fois, moins coûteuse qu’un enrobé bitumeux sur l’ensemble du cycle de vie, une excellente résistance aux charges lourdes, aux agents chimiques et à l’humidité. Les résultats obtenus de l’implémentation de cette technologie dans certaines villes camerounaises ont permis de réaliser avec succès un linéaire cumulé de 58,66 km de voiries. Fort desdits résultats, le Minhdu propose de généraliser l’utilisation de cette technologie pour améliorer les conditions de vie des populations camerounaises.
Prenant à son tour la parole, le ministre des Travaux publics parle du réseau routier camerounais qui comprend quatre catégories d’infrastructures, conformément au décret No 02017/144 du 20 avril 2017, les autoroutes, les routes nationales, les routes régionales et les routes communales. Ce réseau s’étend sur un linéaire de 121 873 km, et depuis le 31 décembre 2024, il cumule 10 575,94 km de route bitumée et 111 297,06 km de route en terre.
Selon le Mintp, des retours d’expérience, les études des cas sur le terrain montrent que les structures de chaussées coûtent chères et représentent 25 à 40% du coût global des travaux. Pour réduire ces coûts, il est essentiel de trouver des alternatives aux revêtements en béton bitumeux (semi grenu, à modules élevés, mince, drainant), afin de réaliser des infrastructures routières à moindre coût, tout en maintenant leur qualité. L’objectif étant de maximiser les résultats avec des ressources limitées.
EM

