CNI en 48 heures : Entre espoir et déception
Alors que le DGSN annonçait la délivrance de la nouvelle Carte nationale d’Identité en 48 heures à partir de décembre 2024, de nombreux Camerounais expriment leur mécontentement face à une hausse de prix significative et des retards toujours plus accrus dans la production du précieux sésame.
A l’occasion de l’inauguration du centre national de production des titres identitaires, le 19 juin 2024 et quelques jours plus tard à Douala, le Délégué général à la Sûreté nationale (DGSN), Martin Mbarga Nguelé, faisait une annonce qui a suscité à la fois espoir et scepticisme au sein camerounaise. À partir de décembre 2024, les citoyens devraient pouvoir obtenir leur Carte nationale d’Identité (CNI) en seulement 48 heures.
Ce projet ambitieux, qui inclut la construction de 68 centres multifonctionnels à travers le pays, vise à moderniser le système d’identification et à faciliter l’accès aux services administratifs.
Cependant, cette annonce a été accueillie avec une certaine réserve. En effet, le coût de la nouvelle CNI a été fixé à 10 000 francs CFA, une augmentation significative par rapport aux 2 800 francs CFA de l’ancienne carte. Cette hausse de prix a suscité de vives critiques de la part des Camerounais, qui estiment que cette nouvelle tarification est inacceptable, surtout dans un contexte économique difficile. De nombreux citoyens se demandent si les avantages promis justifient une telle augmentation.
Le gouvernement, de son côté, a tenté de justifier cette hausse en mettant en avant les atouts de la nouvelle carte. Selon les autorités, la CNI sera désormais infalsifiable, robuste et durable, avec une validité étendue à 15 ans. De plus, le processus de demande sera simplifié grâce à une application en ligne permettant la prise de rendez-vous et le paiement via des services de transfert mobile tels qu’Orange Money et MTN Money. Ces innovations visent à garantir la transparence et la traçabilité des transactions, un aspect souvent critiqué dans les anciennes procédures.
Malgré ces promesses, arrivé au mois de décembre, la réalité sur le terrain semble contredire les annonces optimistes. De nombreux Camerounais se plaignent de ne pas avoir reçu leur nouvelle CNI, même après plusieurs mois d’attente. Les retards dans la production des cartes sont devenus une source de frustration croissante. Les centres de production, annoncés en grandes pompes, censés être opérationnels à Douala, Garoua et Yaoundé sont invisibles.
Les citoyens, qui espéraient une délivrance rapide de leur carte d’identité, se retrouvent dans une situation d’incertitude, sans solution immédiate à leur problème d’identification.
Les critiques ne se limitent pas seulement au coût et aux délais. Certains observateurs soulignent également que la mise en place de ce nouveau système d’identification pourrait ne pas résoudre les problèmes d’usurpation d’identité et de fraude, qui demeurent des préoccupations majeures pour la population. La question se pose alors : les nouvelles cartes, bien que plus chères, seront-elles réellement plus sécurisées et efficaces ?
Si les promesses d’un système d’identification modernisé et sécurisé sont séduisantes, la réalité actuelle des retards et des coûts élevés jette une ombre sur cette initiative. Les Camerounais attendent avec impatience des réponses concrètes et des solutions durables à leurs préoccupations. Arrivé au mois de décembre 2024, il est crucial que les autorités prennent des mesures pour garantir que cette nouvelle carte nationale d’identité ne soit pas seulement une promesse, mais une réalité accessible à tous.
Julien Efila

