Claudel Kampoer Nguiamba: « Le patrimoine musical de la forêt est en danger »

Le  promoteur du Festival des Sonorités de la Forêt, revient sur les ambitions et les innovations de la deuxième édition prévue du 4 au 6 juin à Yaoundé. 

Vous pouvez nous présenter le « Festival des Sonorités de la forêt » ?

Le Festival des Sonorités de la Forêt, c’est un concept que nous avons pensé pour mettre en lumière toutes les valeurs socioculturelles des peuples de la forêt profonde de l’Est, du Sud et du Centre. Ces peuples ont des activités socioculturelles d’un genre particulier qui, cependant, ne sont pas connues en ville. On a donc voulu transposer ce que font déjà les peuples dans leur espace quotidien à Yaoundé.

Quel est l’objectif poursuivi derrière l’organisation à Yaoundé de cet événement ?

Ce festival a pour ambition de revaloriser le patrimoine socioculturel et musical que nous avons dans les forêts, question de créer ce lien entre la nature et la culture pour que nous ne perdions pas les valeurs culturelles ancestrales, qu’il y ait un legs entre l’ancienne génération et la nouvelle. Parce que vous convenez avec nous qu’aujourd’hui, nous avons des jeunes qui sont un peu acculturés. Ils s’intéressent beaucoup plus aux rythmes étrangers et ça nous gêne un peu, parce qu’ils délaissent le rythme du terroir pour s’intéresser au rythme étranger. Alors qu’ils ne peuvent pas exécuter la musique étrangère mieux que ces étrangers. Nous avons donc pensé qu’il faudrait qu’il y ait des plateformes comme celles-là pour essayer de valoriser le patrimoine socioculturel des peuples africains en général, camerounais en particulier, et spécifiquement ceux de la forêt.

Quelles sont les principales innovations de cette 2ᵉ édition ?

Pour cette deuxième édition, l’innovation majeure est la journée de plaidoyer et de partenariat prévue le samedi 6 juin. Car en effet, l’année dernière, les peuples autochtones venus du Sud avaient exprimé un mal-être. Ils se sentent délaissés, surtout avec la déforestation qui les prive progressivement de leur milieu, de leur biotope, et de leurs valeurs culturelles. Ils avaient poussé un cri auprès des autorités, des bailleurs de fonds, des ONG et des partenaires au développement. Du coup, on a pensé cette journée pour que ces organisations viennent porter leur plaidoyer directement. L’objectif est de voir comment elles peuvent être accompagnées par les bailleurs de fonds, les institutions et les partenaires au développement.

Comme autre innovation, nous avons fait appel à nos frères de la communauté de la savane. L’année prochaine, sont déjà pressentis les peuples de l’eau, c’est-à-dire la communauté Sawa. Après cela, les peuples des montagnes seront aussi associés.

Quel message souhaitez-vous adresser aux partenaires qui prendront part à cette deuxième édition ?

Nous tenons tout d’abord à remercier tous ceux qui ont permis que nous arrivions à ce niveau, notamment le ministre des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, qui nous a offert gracieusement le jardin zoo-botanique et la salle de conférence pour nos activités. Je pense aussi au ministère des Arts et de la Culture qui nous a accordé son accompagnement institutionnel, ainsi qu’à celui de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable pour les facilités institutionnelles.

Mais, il ne faut pas seulement s’arrêter aux facilités institutionnelles. L’argent est le nerf de la guerre. S’il y a des possibilités de nous aider, ce serait bien. C’est pour ça que nous faisons un clin d’œil aux annonceurs, aux potentiels sponsors.

 

Propos recueillis par Julien Efila

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
19 − 19 =


Enregistrez vous à notre newsletter