Festival des Sonorités de la Forêt: Yaoundé, carrefour des patrimoines ancestraux
Du 4 au 6 juin 2026, le Jardin zoo-botanique de Mvog-Beti accueillera la deuxième édition de cette initiative culturelle et environnementale qui ambitionne de préserver les patrimoines musicaux ancestraux et de sensibiliser à la protection de la biodiversité.
La capitale camerounaise s’apprête à devenir, le temps de trois jours, le point de rencontre des cultures ancestrales du pays profond. Du 4 au 6 juin prochain, le jardin zoo-botanique de Mvog-Beti abritera la deuxième édition du Festival des Sonorités de la Forêt, une initiative culturelle portée par l’Association des Sonorités de la Forêt (Assonfor).
Pensé comme un espace de valorisation du patrimoine culturel et de sensibilisation environnementale, l’acte 2 de cet évènement se distingue par l’ouverture du festival aux peuples de la savane. Une participation qui vient élargir la portée culturelle de l’événement et justifie le thème retenu cette année : « Peuples de la forêt et de la savane en synergie d’action culturelle pour magnifier la préservation de la biodiversité ».
À travers cette orientation, les organisateurs souhaitent promouvoir davantage le vivre-ensemble et renforcer les passerelles culturelles entre les différentes aires socioculturelles du Cameroun.
Durant trois jours, le public aura donc droit à une programmation riche et diversifiée mêlant arts, réflexion et divertissement. Des tables rondes réuniront universitaires, chercheurs, autorités administratives et traditionnelles autour des questions liées à la préservation de la biodiversité, à la sauvegarde du patrimoine culturel et au vivre-ensemble.
Une foire-exposition permettra également aux visiteurs de découvrir des produits artisanaux, des objets d’art et des savoir-faire issus des différentes communautés représentées. Le festival fera aussi la part belle aux expressions orales et musicales, sans oublier la promotion de l’art culinaire patrimonial des peuples de la forêt et de la savane. Des attractions populaires, des jeux divers et des concerts de musiques traditionnelles viendront compléter l’événement, dans une ambiance qui se veut à la fois pédagogique, festive et touristique.
Les organisateurs annoncent la participation d’un large éventail d’acteurs : représentants des pouvoirs publics, universitaires, artistes, chefs traditionnels, associations culturelles, mélomanes, touristes, médias et grand public. L’objectif est de créer un véritable espace d’échanges et de transmission intergénérationnelle autour des valeurs culturelles camerounaises.
À travers ce festival, Assonfor souhaite ainsi attirer l’attention sur la déforestation galopante, l’exploitation abusive des ressources naturelles et les conflits récurrents entre l’homme et la faune. Des problématiques qui fragilisent autant les écosystèmes que les pratiques culturelles traditionnelles.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la nécessité de protéger les identités culturelles locales face aux influences musicales étrangères qui, selon les organisateurs, dénaturent progressivement les rythmes traditionnels camerounais. « Nous souhaitons que Yaoundé devienne le carrefour de l’expression de la culture des peuples de l’eau, de la forêt et de la savane », explique le promoteur, Claudel Kampoer Nguiamba.
Placé sous le copatronage du ministère des Forêts et de la Faune, du ministère des Arts et de la Culture ainsi que du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, ce festival s’inscrit également dans un contexte marqué par les menaces croissantes qui pèsent sur les forêts du bassin du Congo, mais aussi sur les savoirs ancestraux qui y sont intimement liés.

