Candidature de Paul Biya: Ngoh Ngoh en concertation avec les super maires
Le secrétaire général de la présidence de la République a reçu en audience, le 7 août dernier au Palais de l’Unité, les délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines dans le cadre de la présidentielle 2025.
Luc Messi Atangana (Yaoundé), Roger Mbassa Ndine (Douala) sont entre autres, les maires qui ont marqué la rencontre entre le secrétaire général à la présidence de la république du Cameroun, et les maires des grandes communes ce 7 août 2025. Ces derniers se sont engagés à accompagner la « dynamique républicaine » portée par le chef de l’État dans ce contexte électoral décisif. Ce rassemblement, loin d’être un simple rituel, s’inscrit dans une stratégie politique claire. Celle de « démontrer la cohésion entre pouvoir central et autorités locales ». Car, à quelques semaines du scrutin, cette solidarité institutionnelle contribue à entretenir l’image d’un consensus national autour de Paul Biya selon le maire de la communauté urbaine de Douala, Roger Mbassa Ndine. Rappelons que cette démarche fait écho à des mobilisations antérieures, notamment celle du 5 avril 2025 à Nkolandom dans la région du Sud lors de l’Assemblée générale de l’Association des maires, où une motion appelait également à soutenir sa candidature avec une forte continuité politique.
En tête d’une liste de douze personnalités validées par le Conseil constitutionnel pour l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, Paul Biya reste le meilleur choix selon ces maires de villes. « Convaincus que la décentralisation, prônée et soutenue par le chef de l’État, est l’unique voie qui permet d’accélérer le développement du Cameroun dans la paix, la prospérité, l’unité, la démocratie et le plein emploi, appelons Son Excellence Paul Biya, président de la République, à présenter sa candidature à l’élection présidentielle prévue en octobre 2025 et l’assurons de notre soutien total et indéfectible. » C’est ce qui ressort de la dernière Assemblée générale de l’Association des maires. Soulignons que la décentralisation, inscrite dans la Constitution depuis 1996, confère aux maires un rôle essentiel dans la gouvernance locale. Ceux-ci sont désormais élus selon la loi du 24 décembre 2019 plutôt que nommés, ce qui renforce leur légitimité démocratique et leur pouvoir d’impulsion dans les communautés urbaines comme Yaoundé et Douala en occurrence.
En zone urbaine, les maires jouent un rôle de relai majeur entre le pouvoir central et les citoyens. Leur proximité avec les électeurs forge une relation de confiance fondée sur la visibilité des actions locales. Cette proximité influence donc l’adhésion de l’électorat aux initiatives du maire, ce qui, par ricochet, peut renforcer le soutien exprimé à une figure présidentielle. Dans une campagne présidentielle, le soutien explicite des maires peut peser significativement, particulièrement dans les grands centres urbains où l’électorat est dense et actif. Leur engagement agit comme un signal politique tangible, susceptible d’orienter la perception des citoyens. « Un maire bien vu, engager, mobilisé pour Paul Biya, peut influencer indirectement le vote urbain », exprime un analyste politique. Cela revêt d’autant plus d’importance que les villes représentent des enjeux électoraux stratégiques, et que leurs populations, attentives aux services municipaux et aux résultats tangibles, peuvent se laisser guider par le leadership perçu dans ces communes.
Ces élus sont aussi des acteurs stratégiques du plan national de développement (SND30), en particulier dans les agglomérations urbaines, où se concentre une part importante de la population camerounaise. Néanmoins, la mise en œuvre effective de cette décentralisation rencontre des défis persistants comme les interférences de l’administration centrale, l’insuffisance des ressources financières, l’absence de transfert réel de compétences, voire dérives et mauvaise gestion dans certains conseils municipaux. L’audience du 7 août marque un soutien clair et organisé des maires urbains à Paul Biya, à quelques mois de l’élection présidentielle du 12 octobre.
CT

