Législatives et municipales: Le Rdpc accélère sa machine électorale

Le 22 juillet 2026 à Yaoundé, le secrétaire général du Comité central, Jean Nkuete, a appelé à renforcer la présence sur le terrain, à anticiper les difficultés et à resserrer les rangs pour conserver les majorités détenues par le parti.

Il n’est plus question de dresser un bilan. Pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), l’heure est désormais à l’organisation de la riposte électorale. Réunis à Yaoundé le 22 juillet 2026 pour un séminaire stratégique, les principaux responsables territoriaux du parti au pouvoir ont reçu une consigne simple : occuper le terrain dès maintenant pour aborder les prochaines législatives et municipales dans les meilleures conditions.

Face à eux, Jean Nkuete n’a pas cherché à entretenir l’euphorie. Après avoir salué le travail accompli depuis la création des délégations permanentes il y a dix ans, le secrétaire général du Comité central a rapidement déplacé le débat vers les défis à venir. « Nous devons travailler beaucoup, mais également et surtout travailler sérieusement, rigoureusement, méthodiquement et efficacement », a-t-il insisté, en fixant un calendrier d’action couvrant les mois précédant la convocation du corps électoral.

Le ton tranche avec celui des précédentes rencontres internes. Cette fois, le parti reconnaît que le contexte politique est plus exigeant. « L’état général de l’environnement ne plaide pas en notre faveur », a reconnu Jean Nkuete, évoquant le poids des réseaux sociaux, la circulation de fausses informations et la nécessité de renouer un contact direct avec les populations. D’où l’appel à multiplier les échanges de proximité plutôt qu’à se limiter aux grands rassemblements.

Cette stratégie repose sur plusieurs leviers : mieux suivre les inscriptions sur les listes électorales, identifier les points faibles de chaque circonscription, préparer les candidatures sans créer de rivalités internes, améliorer la communication locale et donner davantage de responsabilités aux jeunes et aux femmes. Pour la direction du parti, chaque structure locale devra disposer d’une feuille de route précise avant le lancement officiel de la campagne. En réalité, cette rencontre prolonge une dynamique engagée dès le mois de juin. Dans un précédent message aux militants, Jean Nkuete appelait déjà à la discipline, à l’unité et à la maîtrise de la communication du parti.

Cependant, le séminaire du 22 juillet intervient dans un contexte particulier. Cette séquence se déroule alors que le président national du Rdpc, Paul Biya, poursuit son séjour privé à l’étranger, entamé le 7 juin, sans qu’une date de retour n’ait été annoncée publiquement. À Yaoundé, les rumeurs sur l’absence prolongée du président se multiplient et les acteurs politiques s’impatientent. Sur les réseaux sociaux, le député d’opposition Jean Michel Nintcheu a appelé le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir, une demande également formulée par l’universitaire et juriste camerounais Jean Calvin Aba’a Oyono. L’Union démocratique du Cameroun, parti d’opposition, a appelé à de la transparence pour garantir « la stabilité de la République ».

En conférence de presse jeudi 23 juillet, le président du Social Demoratic Front (SDF), le député Joshua Osih a décrié cette situation politique qui plonge le pays selon lui, dans une incertitude. « Un Chef de l’État absent depuis plus de six semaines. Une vice-présidence vacante. Un Cameroun en pilotage automatique, et on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête ». De son côté, le parti présidentiel de rassurer, affirmant que Paul Biya tient toujours les rênes du pays.

H.T

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