Elections: Le MRC revient dans la course

Après six ans d’absence des scrutins, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a annoncé lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé le 25 juin 2026, sa participation aux prochaines élections législatives et municipales.

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) sera bien au rendez-vous des prochaines élections législatives et municipales. L’annonce a été faite le 25 juin à Yaoundé par le premier vice-président du parti, Mamadou Mota, lors d’une conférence de presse. Cette décision marque un tournant pour la principale formation de l’opposition, absente des élections locales depuis son boycott de 2020. Elle intervient pourtant dans un contexte où les raisons avancées à l’époque, en particulier la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, demeurent sans véritable solution.

« Nous nous sommes préparés légalement, nous nous sommes préparés moralement et nous allons nous présenter à toutes les élections », a déclaré Mamadou Mota. Avant d’ajouter : « Rien n’empêchera le MRC de se présenter aux élections législatives et municipales. Le gouvernement ne pourra jamais interdire le printemps ». Or en 2020, le MRC avait choisi de ne pas participer aux législatives et aux municipales, estimant qu’organiser ces scrutins alors que la crise anglophone se poursuivait revenait à exclure une partie des Camerounais de la vie démocratique. Le parti dénonçait également un code électoral qu’il jugeait déséquilibré et favorable au pouvoir en place. Six ans plus tard, ces revendications restent au cœur de son discours. Pourtant, le parti opte désormais pour une stratégie différente : défendre ses positions dans les urnes plutôt qu’en restant à l’écart du processus électoral.

Cette nouvelle orientation tranche avec celle qui avait suscité de nombreuses critiques, y compris en interne. Le boycott de 2020 avait entraîné le départ de plusieurs responsables et alimenté un débat sur la place du MRC dans les institutions. Aujourd’hui, plusieurs cadres affichent déjà leurs ambitions pour les prochaines échéances. C’est notamment le cas de Pierre Emmanuel Binyam, secrétaire général adjoint du parti, qui a annoncé son intention de briguer un siège de député dans la circonscription de Wouri-Est.

Au cours de cette conférence de presse, Mamadou Mota a également tenu à rassurer sur la situation interne du parti. Alors que le MRC est engagé dans une procédure judiciaire avec l’un de ses anciens fondateurs, Okala Ebode, exclu fin 2025, le dirigeant affirme que cette affaire ne remet nullement en cause la participation du parti aux élections. « Le MRC n’a aucun problème avec ses textes », a-t-il assuré, expliquant que toutes les décisions prises par le parti respectent ses statuts et les procédures prévues. Selon lui, « aucune loi n’interdit à un parti politique en procès avec un ancien militant de prendre part aux élections ».

Cette prise de parole intervient quelques jours après le rejet du recours introduit par le MRC contre la prorogation du mandat des conseillers municipaux jusqu’en février 2027. Le Conseil constitutionnel s’est déclaré incompétent pour examiner le décret présidentiel à l’origine de cette prolongation, une décision que le parti continue de contester. En annonçant sa participation aux prochains scrutins, le MRC ouvre ainsi une nouvelle séquence de son parcours politique. Sans renoncer aux critiques formulées depuis plusieurs années sur le contexte électoral et sécuritaire, le parti choisit désormais de revenir sur le terrain des urnes pour tenter de reconquérir une représentation institutionnelle.

H.T.

 

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