Routes de Douala: Face au chaos, Nganou Djoumessi secoue les chantiers

Embouteillages, routes dégradées, chantiers au ralenti : en visite à Douala le 21 août dernier, le ministre des Travaux publics a exigé des mesures urgentes pour accélérer les travaux et soulager les usagers.

À Douala, le temps presse et les nerfs lâchent. En visite de travail ce 21 août 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a livré un message clair : plus d’excuses, il faut avancer. Face à la colère des transporteurs et des opérateurs économiques, le membre du gouvernement a donné des instructions fermes pour accélérer les travaux en cours sur les pénétrantes Est et Ouest de la capitale économique, tout en abordant l’entretien des axes Douala-Yaoundé, Douala-Bafoussam et Edéa-Kribi.

En effet, conducteurs de camions, syndicats de transport, et chefs d’entreprise n’ont pas mâché leurs mots lors de la réunion organisée en marge de la visite. Tous dénoncent un réseau routier en état de délabrement avancé, des embouteillages étouffants, des pertes économiques colossales. « On fait 7 heures de Békoko à carrefour Mutzig (situé à Douala 4, Ndlr) », se désole un chauffeur. D’autres racontent passer la nuit dans leur véhicule, faute de pouvoir rentrer chez eux. Le constat est implacable : à Douala, la route freine l’économie.

Face à cette situation, Emmanuel Nganou Djoumessi a formulé une série de mesures immédiates. Sur les pénétrantes, il prescrit l’installation de glissières en béton armé, le curage systématique des caniveaux, en collaboration avec la mairie, et l’exécution des travaux en continu, de jour comme de nuit. Au carrefour Mutzig, il opte pour une chaussée en pavés, plus adaptée au terrain que l’enrobé bitumineux. Le ministre appelle les entreprises adjudicataires à se réorganiser, en mobilisant plus de ressources humaines et techniques, et en améliorant la coordination nocturne. Une pression qui s’étend à la mairie, sommée d’intégrer le curage des exutoires dans ses priorités. « Il faut décaisser l’infrastructure, rehausser la ligne rouge et garantir un bon drainage », a martelé l’élu local.

Si l’État hausse le ton, les entreprises de BTP ne sont pas épargnées. « Elles doivent être à la hauteur des contrats », avertit le coordonnateur du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft), qui promet de sensibiliser les chauffeurs de camions à respecter les consignes sur les chantiers pour ne pas gêner les travaux. Pour sa part, Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), a exprimé la volonté du secteur privé de contribuer à la résolution du problème. L’objectif commun : restaurer la fluidité du trafic pour éviter de compromettre davantage la compétitivité économique de la ville.

Pour les carrefours Sapeur et Rails (Douala 4), le choix d’une chaussée rigide en béton armé est à l’étude, apprend-on. « Le financement est en cours d’évaluation. Dans l’immédiat, des déviations sont prévues pour limiter l’impact des travaux sur la circulation. Une mesure de régulation, pilotée par le gouverneur, devrait orienter certains types de véhicules vers des voies alternatives », détaille un cadre de la CUD.

Au-delà de Douala, Emmanuel Nganou Djoumessi a évoqué les travaux à venir sur les grands axes structurants. Les routes Douala-Yaoundé, Douala-Bafoussam et Edéa-Kribi font l’objet d’un examen particulier. Objectif : garantir la continuité des corridors stratégiques dans un contexte régional où le transport joue un rôle clé. Toutefois, si le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à transformer les infrastructures routières, les attentes restent fortes sur le terrain. « Le succès de ces mesures dépendra de leur mise en œuvre rapide, de la discipline des entreprises et du suivi rigoureux des engagements pris », pense un usager.

 

H.T

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