Routes nationales: Le Cameroun reconstruit ses artères vitales pour relancer l’économie

En visite à Douala, le ministre des Travaux publics a détaillé un vaste programme de reconstruction des grands axes routiers, destinés à désenclaver les régions et soutenir la croissance.

En déplacement à Douala le 21 août 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a levé le voile sur une série de projets ambitieux : la reconstruction complète des routes Douala-Yaoundé, Douala-Bafoussam, Edéa-Kribi, ainsi que la modernisation des pénétrantes Est et Ouest de la capitale économique. Pour le membre du gouvernement, il est question de fluidifier le trafic, faciliter le transport des marchandises et booster l’économie nationale.

« Ces routes ont dépassé leur durée de vie », a reconnu le ministre. Qui relève le fait que les axes stratégiques du pays, soumis à un trafic toujours plus dense et à des conditions climatiques sévères, n’absorbent plus la pression logistique. Résultat : dégradations accélérées, chaussées éventrées, perte de productivité pour les transporteurs, et isolement de certaines régions.

Face à cette urgence, le gouvernement mise sur la reconstruction plutôt que sur l’entretien partiel, souvent inefficace. La route Douala-Bafoussam, longue de 218,9 km, sera ainsi entièrement refaite, répartie en trois lots : Békoko-Penja (70 km), Penja-Pont sur le Nkam (77,9 km), et Pont sur le Nkam-Bandjoun (71,2 km). La chaussée sera élargie, les ouvrages hydrauliques redimensionnés, et la structure renforcée. La Nationale 3, qui relie Douala à Yaoundé, est également concernée. Le projet vise à « redresser le corridor et améliorer son profil en large », avec un élargissement des voies et un réaménagement des courbes. « Des négociations sont en cours avec plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’AFD, la Banque mondiale et la Banque islamique de développement », apprend-on.

Autre grand projet structurant : le corridor Edéa-Kribi-Kampo, qui facilitera l’accès à la Guinée équatoriale. Financé par la Banque africaine de développement, ce tronçon sera construit en plusieurs étapes : Edéa-Pont de Bivouba, Pont de Bivouba-Kribi, puis Kribi-Kampo, future voie express de 40 km en 2×2 voies. « L’entreprise Somaf est déjà à pied d’œuvre, tandis que l’entreprise Mag, initialement prévue, a été redéployée sur la pénétrante Est, en raison de difficultés financières », fait savoir un agent du Mintp.

Cependant, pour éviter que l’histoire ne se répète, le Mintp mise sur des solutions techniques durables. Il recommande désormais l’utilisation d’enrobés à froid, mieux adaptés en saison des pluies, malgré leur coût plus élevé. Par ailleurs, « 54 milliards de FCFA ont été mobilisés pour le programme d’entretien 2025 des routes nationales. Les entreprises chargées de ces chantiers ont été sélectionnées sur la base de leur efficacité et de leur capacité à préfinancer les travaux », indique le Mintp. Quant à la pénétrante Ouest de Douala, elle bénéficiera d’une transformation en 2×2 voies avec terre-plein central. « Ce chantier, soutenu par la Banque islamique de développement, a reçu le feu vert pour le lancement de la passation des marchés depuis le 30 juillet », renseigne le Mintp.

À travers ces projets, le gouvernement veut répondre à un double impératif : désengorger les grandes villes et soutenir les activités économiques. « Tout cela, c’est pour accompagner la communauté des affaires dans la création de richesse », a souligné Emmanuel Nganou Djoumessi. La route n’est plus seulement un moyen de transport, mais un catalyseur de développement.

H.T

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