Report des législatives et des municipales: Le satisfecit du RDPC

Le parti proche du pouvoir salue le « réajustement » du calendrier électoral, annoncé par le chef de l’État, à l’occasion de son adresse à la jeunesse le 10 février dernier.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) se réjouit du report annoncé des élections législatives et municipales. Par la voix de Grégoire Owona, son secrétaire général adjoint, le parti de Paul Biya a salué une décision « conforme à la loi fondamentale », estimant qu’elle répond à des « contraintes impérieuses » tout en respectant scrupuleusement les dispositions constitutionnelles.

Intervenant au micro de Radio France Internationale, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a affirmé que cette mesure était attendue par une partie de l’opinion. « Nous nous réjouissons de voir que le président Paul Biya va le faire, parce qu’il y a des contraintes impérieuses, mais toujours dans le respect strict de la loi fondamentale », a-t-il déclaré.

Au sein du RDPC, la classe politique défend alors un réajustement responsable, dicté par le souci de préserver la stabilité institutionnelle. Pour les responsables du parti, l’organisation précipitée du scrutin aurait pu écourter le mandat des députés, ou créer des tensions inutiles. Le parti au flambeau ardent insiste ainsi sur la continuité de l’État et la nécessité de réunir toutes les conditions matérielles et sécuritaires avant d’engager le processus électoral.

Dans ce contexte, le report apparaît à la fois comme une mesure technique et un acte politique. Il s’agit d’un choix de prudence, conforme à la constitution et dicté par l’intérêt supérieur de la nation, laisse-t-on entendre de ce côté.

Ce satisfecit du RDPC intervient au lendemain de l’annonce faite le 10 février par le chef de l’État, Paul Biya, lors de son adresse à la jeunesse à l’occasion de la 60ᵉ édition de la Fête de la jeunesse. Dans son discours, le président de la République avait laissé entendre que les élections législatives et municipales se tiendront « même si le calendrier afférent à ces dernières devrait, au vu de certaines contraintes impérieuses, connaître un léger réajustement, dans le respect des dispositions pertinentes de nos lois, et tout particulièrement de la Loi fondamentale ». Une formule mesurée, sans précision de dates, mais lourde de conséquences politiques.

Ce n’est pas la première fois que le Cameroun procède à un ajustement de son calendrier électoral. Ces dernières années, plusieurs scrutins ont été reportés, au nom de considérations sécuritaires, logistiques ou financières. Mais le recours à la prorogation, bien que prévu par les textes, alimente régulièrement le débat sur la régularité et la périodicité des consultations électorales.

Initialement prévues en 2025, puis reprogrammées pour le début de l’année 2026, les élections législatives et municipales sont donc une nouvelle fois différées. Ce nouveau décalage entraîne mécaniquement la prorogation du mandat des députés jusqu’au 31 mars 2026. À court terme, le fonctionnement des institutions ne devrait pas être affecté. La prochaine session parlementaire est d’ores et déjà annoncée pour le 10 mars.

Julien Efila

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