Marche sportive contre les féminicides: Une 3e édition placée sous le signe de l’engagement collectif
Elles ont marché, elles ont couru, mais ont surtout fait entendre une même voix le 19 septembre 2026 à Yaoundé, lors de la marche sportive contre les Féminicides qui a rassemblé plusieurs centaines de participants autour d’un mot d’ordre à savoir qu’aucune forme de violence ne doit être tolérée.
Face à la persistance des violences basées sur le genre et aux ravages causées par les féminicides, la réponse collective ne peut plus se limiter aux simples discours. C’est dans cette optique que la 3e édition de la Marche Sportive organisée le 19 septembre 2026 à travers les artères de la ville de Yaoundé, s’est imposée comme vecteur privilégié de sensibilisation et de cohésion sociale. Organisée pour sensibiliser, prévenir et mobiliser, cette marche s’inscrit dans un contexte national particulièrement préoccupant. Selon les collectifs citoyens engagés sur le terrain, depuis 2023, 219 femmes et filles ont été tuées au Cameroun. Un chiffre qui, au-delà des statistiques, raconte des destins brisés et qui justifie l’urgence d’une réponse collective.
Partie tôt en matinée dans les artères de la capitale, la marche a pris des allures de démonstration citoyenne. En tenue de sport, pancartes à la main, les participants ont mêlé effort physique et engagement moral dont l’objectif n’était pas la performance, mais la visibilité car chaque foulée était un message et chaque kilomètre parcouru un hommage aux victimes. Depuis sa première édition, l’évènement a changé d’échelle. D’abord porté par des associations féministes, il fédère aujourd’hui entreprises, institutions, diplomates et influenceurs. Cette 3e édition a confirmé que la lutte contre les féminicides sort du seul cercle militant pour devenir une cause sociétale partagée.
Des personnalités engagées aux côtés de la société civile
Autour de cette cause, plusieurs personnalités ont répondu présentes, donnant à la marche une résonnance particulière. On notait la présence de Judith Yah Sunday, Directrice générale de Camtel, entreprise partenaire historique de l’évènement, de la Présidente de la Jeunesse Émergente et Républicaine du Cameroun (Jerc), du Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun, de la Maire de Bangui7, ancienne Première dame de la République Centrafricaine, ainsi que des figures très suivies du public comme le Général Makosso et le créateur de contenus Steve Fah. Dans un pays où la parole publique pèse lourd, voir des dirigeants, diplomates et des influenceurs marcher côte à côte avec des anonymes montre que la lutte contre les violences faites aux femmes n’a ni couleur politique, ni frontière. Le moment fort de cette 3e édition a été la signature du Livre d’Or. Installé à l’arrivée du parcours, le registre a recueilli des centaines de signatures et de messages. Une phrase revenait sur toutes les pages, écrites à la main en lettre capitales « STOP À TOUTES FORMES DE VIOLENCES ».
Partenaire de l’évènement, Camtel a tenu à réaffirmer son positionnement. Dans un message diffusé à l’issue de la marche, l’opérateur historique a rappelé son engagement aux côtés de toutes les initiatives qui œuvrent pour une société plus respectueuse, plus solidaire et débarrassée de toutes formes de violences. En associant son image à la lutte contre les féminicides, Camtel entend utiliser sa notoriété et son réseau pour amplifier la prévention, notamment auprès de la jeunesse connectée. Si la marche a été une réussite populaire, elle rappelle aussi les chantiers qui restent. Les associations présentes ont toutes insisté sur trois axes indissociables à savoir, sensibiliser pour déconstruire les normes qui banalisent la violence, prévenir en formant et en écoutant, et protéger en garantissant aux victimes un accès effectif à la justice et à l’accompagnement. L’enjeu est désormais de transformer l’émotion collective en mesures concrètes à l’instar de la reconnaissance juridique du féminicide, renforçant des mécanismes d’alerte, et éducation dès le plus jeune âge.
Arnaud Joseph Etoundi

