Discours d’investiture: Paul Biya, entre engagements réels et effets d’annonce

A l’occasion de son allocution d’entrée en fonction pour un 8e mandat consécutif à la tête du pays, le chef de l’Etat a annoncé un certain nombre de mesures en faveur des femmes et de l’emploi jeunes, incluant notamment la réouverture des concours d’entrée dans les écoles normales supérieures, une promesse que nombre d’observateurs attendent voir se traduire en actes concrets au cours des premiers mois de son nouveau septennat. 

Les annonces fortes faites par le président de la République à l’occasion de son discours d’investiture prononcé devant la représentation nationale le jeudi 6 novembre 2025 a laissé dubitatif plus d’un observateur de la scène politique camerounaise. Nombre de ses compatriotes attendent voir la traduction de ces promesses (simple réchauffé pour certains) en actes concrets, avant d’y accorder un quelconque crédit. Parmi ces annonces figure la réouverture des concours d’entrée dans les écoles normales supérieures du pays. Une décision très attendue par les jeunes diplômés et les acteurs du secteur éducatif, après deux années de suspension qui avaient grossi les rangs de sans-emplois et profondément perturbé la formation et le recrutement des enseignants.

Depuis 2023 en effet, les admissions par voie de concours aux Écoles normales supérieures (ENS) et aux Écoles normales supérieures d’enseignement technique (Enset) avaient été gelées, ouvrant la voie à une admission sur dossier de candidats inscrits en tant qu’auditeurs libres. Ces derniers suivaient alors une formation sans garantie d’intégration dans la Fonction publique, en rupture avec la pratique ayant présidé à la création de ces instituts de formation d’enseignants. Cette situation faisait suite à une correspondance conjointe, publiée en décembre 2023 par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Fonction publique, qui mettait officiellement fin à cette intégration systématique.

Fuite d’enseignants

Alors même que l’on signalait un manque d’enseignants au sein de lycées à travers le pays, le gouvernement tentait de légitimer cette nouvelle politique dans le secteur par un manque de moyens financiers pour absorber de nouveaux enseignants dans la Fonction publique. Cette décision provoqua un tollé au sein du monde éducatif. Plusieurs syndicats et associations étudiantes dénonceront une injustice sociale, doublé d’un paradoxe dans un contexte de pénurie croissante de seigneurs de la craie, accentuée par des départs massifs à l’étranger, au Canada notamment.

En l’espace de six mois, soit entre janvier et juin 2025, c’est 10 355 nouveaux résidents permanents camerounais qui ont rejoint le Canada. A cette statistique récente vient se greffer les 7 845 camerounais ayant choisi la même destination entre janvier et juin 2024. Soit au total 18 200 camerounais ayant quitté le territoire national en l’espace de douze mois. Les statistiques qui émanent d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) laissent transparaitre une vague migratoire qui s’inscrit dans une dynamique ascendante depuis plusieurs années.

Les camerounais sont recrutés au Canada dans plusieurs domaines variés Ottowa a surtout intensifié le recrutement dans les métiers spécialisés de soins de santé, l’éducation. Le gouvernement a cru devoir stopper la saignée en mettant sur pied en 2024 un train de mesures restrictives sur les sorties du territoire national d’enseignants.    La réouverture des concours est une réponse contre le fléau qui vise à revitaliser le système éducatif national et à renforcer la formation initiale des enseignants en même temps qu’elle s’inscrit dans une dynamique de création d’opportunités d’emploi. En attendant que le calendrier, les conditions d’admission et quotas soient publiés par les ministères impliqués.

EM

 

 

 

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