Coopération militaire: La France arme le BSA à Tiko

En proie à des défis complexes entre mangroves, fleuves et façade maritime, le Bataillon Spécial Amphibie (BSA) voit ses capacités décuplées. La dotation française du 24 juillet 2026 de neuf pirogues modernes sécurisées, 18 moteurs hors-bord et 08 drones tactiques vise à accroître sa mobilité, sa surveillance et ses interceptions côtières dans le département du Fako.

La coopération militaire entre le Cameroun et la France vient de franchir un palier supplémentaire. Sur la base opérationnelle du Bataillon Spécial Amphibie (BSA) de Tiko, dans le département du Fako, région du Sud-Ouest, s’est tenue le 24 juillet 2026, une cérémonie solennelle de rétrocession de matériels au profit de cette unité d’élite des forces de défense camerounaise. Présidée par le Capitaine de Vaisseau Paul Orélien Petit Nkotto, Commandant du Secteur Militaire N°10 et représentant personnel du Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, la cérémonie s’est déroulée en présence de l’Attaché de Défense près l’Ambassade de France au Cameroun, ainsi que d’un parterre d’autorités civiles et militaires des deux pays.  C’est par un cérémonial militaire d’accueil et les honneurs rendus au Commandant du Secteur Militaire n°10 que l’évènement a débuté, avant le regroupement des officiers et des personnalités invitées dans la salle des opérations de la base.

Dans son propos liminaire, le Capitaine Nkotto a salué ce qu’il a qualifié d’excellence et de solidité des relations bilatérales entre Yaoundé et Paris. Un partenariat qu’il a inscrit dans la durée, en rappelant le parcours historique du Bataillon Spécial Amphibie (BSA) lui-même. Unité d’élite issue directement des fruits de cette coopération, le BSA trouve ses origines dans l’ancienne Unité Spéciale de l’Armée de Terre, l’USAT, créée en 1997, avant son érection en Bataillon Spécial Amphibie par décret présidentiel en 1999, un rappel historique qui donne tout son sens à la cérémonie du jour. Car c’est bien cette même unité forgée dans l’esprit d’interopérabilité et de spécialisation, qui bénéficie aujourd’hui de cet appui capacitaire de premier ordre. Pour sa part, l’Attaché de Défense français a réitéré, au nom de la République française, la ferme volonté de Paris de continuer à accompagner les Forces de Défense et de Sécurité camerounaise. Un accompagnement qui, selon le diplomate militaire, vise le renforcement durable des capacités tactiques, logistiques et opérationnelle face aux défis sécuritaires actuels.

Le clou de la cérémonie a été la signature officielle et l’échange des procès-verbaux de cession du matériel un lot conséquent, pensé pour répondre aux spécificités amphibies du bataillon. La dotation, composée de 09 pirogues modernes sécurisées, livrées avec leurs remorques, leur accastillages complets, accessoires et pièces de rechanges, 18 moteurs hors-bord de haute puissance pour assurer la propulsion et la réactivité, et 08 drones de reconnaissance tactique de dernière génération. Mais au-delà de la dimension purement sécuritaire, cet apport matériel possède une vocation duale comme l’ont souligné les officiels, il vise également à faciliter les actions Civilo-militaires au bénéfice des populations vivant dans les zones enclavées. Dans le Fako et les départements voisins, où l’isolement géographique complique l’accès aux soins, à l’éducation et à l’aide humanitaire, les embarcations du BSA servent souvent de vecteur de solidarité. Le matériel français renforcera donc cette mission de proximité. Cette dotation s’inscrit ainsi dans la continuité d’une coopération militaire franco-camerounaise ancienne, structurée et multiforme, qui englobe formation, entraînement conjoint, conseil et appui logistique. Elle témoigne d’une volonté partagée de mutualiser les efforts pour la stabilité.

Arnaud Joseph Etoundi

 

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