Conseil régional du Littoral: Le budget passe du simple au double
Réuni du 17 au 19 février 2026 à Douala, le Conseil régional du Littoral a adopté un budget 2026 de près de 12,8 milliards de FCFA, avec pour priorité l’achèvement des chantiers engagés.
Le cap est fixé. Le Conseil régional du Littoral a voté, le 19 février 2026 à Douala, un budget de près de 12,8 milliards FCFA pour l’exercice 2026, soit près du double de l’année précédente. L’objectif affiché est de terminer les projets lancés et rendre visibles les investissements dans les quatre départements de la région. Cette enveloppe, apprend-on, repose d’abord sur une fiscalité locale attendue à plus de 8 milliards de FCFA. À cela s’ajoutent 2 milliards issus de la dotation multisectorielle, plus d’un milliard transféré par les administrations sectorielles, ainsi qu’un milliard au titre de la dotation générale de la décentralisation destinée au fonctionnement. Pour l’exécutif régional, ces ressources doivent permettre d’accélérer l’achèvement d’écoles, de centres de santé et de routes.
« Du Moungo au Nkam, de la Sanaga-Maritime au Wouri, chaque département devra ressentir le développement », a déclaré le président du Conseil régional du Littoral, Polycarpe Banlog. Selon lui, l’heure n’est plus aux annonces, mais à une présence concrète sur le terrain. Il promet un déploiement « visible », sans distinction géographique. Cependant, derrière l’enthousiasme, plusieurs conseillers ont rappelé une difficulté persistante : des crédits non consommés en fin d’exercice, en raison de lenteurs administratives et de retards dans les procédures. Une situation qui, disent-ils, certaines années, a conduit à des reports, voire à la perte de financements. « Nous ne nous cacherons plus sous le prétexte de l’apprentissage », a martelé Polycarpe Banlog, estimant que le temps des ajustements liés à la mise en place de la décentralisation est révolu.
La session, tenue du 17 au 19 février au siège du Conseil à Douala-Bonanjo, a réuni 79 conseillers sur 89, soit un quorum largement atteint. Outre le vote du budget, les élus ont mis en place les commissions appelées à fonctionner pour les cinq prochaines années. Plusieurs recommandations ont émergé : couverture équitable des communes, suivi rigoureux de l’exécution des projets et lancement d’au moins un projet d’envergure par département durant le mandat.
De son côté, l’autorité administrative a insisté sur l’impératif de résultats. Représentant le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, un responsable régional a rappelé que « voter un budget est une étape importante. L’exécuter en est une autre ». Le message est sans ambiguïté : les fonds mobilisés doivent se traduire en réalisations concrètes. Ainsi, le budget 2026 marque un tournant. D’une part, il traduit une montée en puissance des ressources propres de la région. D’autre part, il place l’exécutif face à une obligation de performance. Jusqu’au 19 février, chaque ligne de dépense a été examinée pour en mesurer l’impact social.
Au final, martèle un élu, ce doublement budgétaire ouvre une séquence décisive pour la région du Littoral. « Les attentes sont élevées, les moyens aussi. Reste désormais à transformer les chiffres en infrastructures visibles et en services effectifs pour les populations ».
H.T

