Lutte contre la faim: 343 millions FCFA d’alicaments pour la riposte

Réceptionnée le 20 février 2026 au Port de Douala, une cargaison de 10 500 cartons d’aliments thérapeutiques vient appuyer la lutte contre la malnutrition sévère chez les enfants des zones les plus vulnérables du Cameroun.

Au Port de Douala ce 20 février 2026, 10 500 cartons d’alicaments ont été officiellement réceptionnés pour soutenir la lutte contre la malnutrition. D’une valeur de 342,8 millions de FCFA, apprend-on, ce lot est destiné en priorité aux enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans l’Extrême-Nord. Ce don s’inscrit dans le cadre du projet « Emergency Aid and Rapid Response to Improve Access to Health, Nutrition and Protection Services in the Far North Region of Cameroon ». La cérémonie a été présidée par le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, en présence des partenaires humanitaires.

Concrètement, affirme le Minsanté, ces aliments thérapeutiques prêts à l’emploi permettront une prise en charge rapide des cas les plus graves. « Chaque carton représente une chance supplémentaire pour un enfant de retrouver des forces », a déclaré le ministre. Dans un contexte marqué par l’insécurité et les chocs climatiques, cet appui arrive à un moment critique. En effet, selon les statistiques, entre juin et août 2025, environ 2,6 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë au Cameroun. Plus de 2 000 enfants souffraient de malnutrition aiguë sévère, avec des décès signalés dans plusieurs zones vulnérables. Dans l’Extrême-Nord, 10,1 % des enfants de moins de cinq ans sont touchés par la malnutrition aiguë globale, selon l’enquête Smart 2022, un taux supérieur au seuil d’alerte international.

Par ailleurs, les besoins restent immenses. Le Plan de réponse humanitaire 2023 estimait à 407,3 millions de dollars, soit environ 244 milliards de FCFA, le financement nécessaire pour assister 2,7 millions de personnes vulnérables. Selon l’Unicef, près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans au Cameroun souffrent de malnutrition chronique. « Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, des communautés entières fragilisées », a rappelé un responsable de l’ONG Action Contre la Faim.

Au-delà de la réception des intrants, la journée du 20 février a été marquée par la signature d’une convention-cadre entre le ministère et Action contre la Faim. D’après les responsables de cet organisme, ce document formalise une collaboration déjà active sur le terrain. « Il vise à mieux coordonner les interventions et à garantir qu’elles répondent aux priorités nationales ». Pour le Minsanté, « nous voulons des actions alignées, mesurables et efficaces ». Cependant, le projet, soutenu par l’Ambassade des États-Unis au Cameroun, s’étend jusqu’en mars 2026. Il cible notamment l’Extrême-Nord, région durement éprouvée par les crises successives. Ainsi, cette double démarche — livraison d’alicaments et encadrement du partenariat, marque une étape stratégique. Car l’enjeu dépasse l’urgence immédiate. La malnutrition pèse aussi sur l’économie, pouvant coûter jusqu’à 3 % du produit intérieur brut selon la Banque mondiale.

H.T

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
17 × 22 =


Enregistrez vous à notre newsletter