Cameroun: La traque mondiale déclenchée avec Interpol

Cette opération de grande envergure vise à traquer les avoir mal acquis et à les rapatrier pour financer le développement du pays.

Face à l’essor vertigineux de la criminalité financière transnationale organisée, notamment : blanchiment de capitaux, corruption, enrichissement illicites, flux financiers illicites, le recouvrement des avoirs criminels, les institutions camerounaises et la communauté internationale ont choisi de renforcer ensemble les capacités opérationnelles   des acteurs chargés de l’application des lois. L’évènement s’est tenu à Yaoundé du 30 mars au 03 avril 2026. En s’adossant à Interpol, les participants issus de 12 administrations camerounaises, bénéficient de l’expertise de cette organisation. Yaoundé engage ainsi un virage stratégique dans la lutte contre les flux financiers illicites, avec un objectif simple qui est de faire revenir au pays ce qui en est sorti discrètement.

Pendant cinq jours à Yaoundé, cette grand-messe a connu la participation de la Délégation générale de la sûreté nationale (Dgsn), la Commission nationale anti-corruption (Conac), la Commission nationale consultative  sur le gel administratif (CNCGA),  la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), le Tribunal criminel spécial (TCS), la Chambre des comptes de la Cour suprême, l’Agence nationale d’investigation  financière (Anif), le Ministère de la justice (Minjustice), la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), et associations professionnelles  des Etablissements  de crédit  du Cameroun (Apeccam), le Ministère des Finances (Minfi), la direction générale de la Recherche extérieure.

L’objectif de la formation est d’améliorer l’identification, le gel, la saisie et le recouvrement des avoirs criminels. Il est également question de renforcer la coopération internationale face à la criminalité financière transnationale et développer des stratégies pour contrer les mécanismes de blanchement et de corruption. « L’objectif majeur est de mieux appréhender les nouvelles formes de criminalité financière, d’aller au-delà de la simple interpellation des auteurs et d’exploiter pleinement les mécanismes de coopération policière internationale », a expliqué Martin Mbarga Nguélé, Délégué général à la Sureté nationale. Une source proche de la SRC confie sous anonymat, que le véritable défi n’est plus de prouver l’infraction, mais de suivre l’argent dans les circuits devenus volontairement opaques.

Dans ce grand jeu de piste financier, la présence d’Interpol apparait comme un allié de poids. Car elle illustre l’importance de la coopération internationale face à des délinquants toujours plus ingénieux. Grace aux plateformes d’échange d’informations et au réseau mondial, l’organisateur facilite les enquêtes transfrontalières, là où les procédures classiques s’essoufflent. « Sans coopération internationale, récupérer des avoirs à l’étranger relève presque du miracle administratif », glisse une source judiciaire.  Les échanges permettront aux administrations camerounaises de se doter des techniques innovantes pour contrer les flux financiers.

Mais derrière cette volonté affichée se cache une réalité plus rugueuse. Le Cameroun comme de nombreux pays africains, subit des pertes colossales liées aux flux financiers illicites, estimées à plusieurs centaines de milliards de francs CFA chaque année. Du coté de l’Anif, on insiste sur la montée en compétence des équipes et l’intégration progressive des standards internationaux. Une source interne souligne que « les mécanismes de blanchiment évoluent rapidement, et les Etats qui ne s’adaptent pas deviennent des terrains de jeu pour la criminalité financière ». Entre lenteurs judiciaires, complexité des procédures d’entraide internationale et réticences de certains paradis fiscaux, la récupération des fonds relève souvent d’un marathon administratif sans ligne d’arrivée clairement visible.

En choisissant de s’appuyer sur Interpol, le Cameroun reconnait que la criminalité financière n’a plus de frontières et que la souveraineté économique se défend désormais à l’échelle globale. Une course contre la montre est lancée.

Diane Kenfack

 

 

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