« Bâtisseurs Africains »: Un pont entrepreneurial entre le Cameroun et la France

Lancé le 18 juillet dernier à Douala, la 10e édition du Programme de résidence entrepreneuriale directe Bâtisseurs Africains, veut propulser de jeunes entrepreneurs camerounais vers les standards internationaux.

À Douala, l’entrepreneuriat camerounais prend de l’altitude. Vendredi 18 juillet 2025, la 10e édition du Programme de résidence entrepreneuriale directe Bâtisseurs Africains a été officiellement lancée lors d’une conférence de presse réunissant des acteurs publics et privés des deux rives de la Méditerranée. Ce programme, fruit d’une coopération entre la Chambre de Commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (Ccima), la Mairie de Bordeaux, le Club des Bâtisseurs et de nombreux partenaires français, s’adresse à des entrepreneurs camerounais à fort potentiel. Objectif : les former, les connecter et leur ouvrir des opportunités concrètes à l’international.

En effet, créé en 2011, ce dispositif d’accompagnement a évolué pour devenir un catalyseur structurant dans un environnement entrepreneurial marqué par de nombreux défis : manque de financement, faible accès à la formation et isolement des porteurs de projets. Pour la Ccima, ce programme est une réponse concrète à la précarité structurelle des jeunes entreprises, en leur offrant un accompagnement ciblé et une ouverture internationale. Ainsi, en 15 jours de résidence, les entrepreneurs retenus bénéficient d’un programme intensif : master class, coaching individuel, rencontres B to B, visites d’entreprises et sessions avec des institutionnels.

Une formule qui a fait ses preuves : 60 entrepreneurs accompagnés, 847 millions de FCFA de chiffre d’affaires cumulé, 75 emplois créés depuis les débuts du programme. Loin d’une logique d’aide descendante, le programme repose sur une approche de coopération réciproque. « Nous bâtissons des liens de confiance entre les acteurs économiques du Nord et du Sud, sans hiérarchie de savoir ou de modèle », insiste Yannick Kwetchoua, président du Club des Bâtisseurs. « Le partenariat avec la ville de Bordeaux joue un rôle central dans ce pont transcontinental, tout comme la mobilisation d’institutions telles que l’Institut Français du Cameroun, l’Ambassade de France, le cabinet Forvis Mazars, ou encore l’Agence universitaire de la Francophonie ».

Cette année, le programme met l’accent sur des secteurs stratégiques pour le continent : agritech, énergie, eau, industries culturelles et créatives, économie sociale et solidaire. Les entreprises dirigées par des femmes sont particulièrement encouragées à postuler. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 25 août 2025. Dans un contexte de croissance démographique rapide, où le chômage des jeunes reste une problématique persistante, ce programme se positionne comme un levier de transformation. « L’entrepreneuriat des jeunes, c’est la clé de la compétitivité de nos économies », affirme un représentant de la Communauté Urbaine de Douala.

Toutefois, la sélection, pilotée par un consortium d’experts, repose sur des critères rigoureux : innovation, solidité du projet, ancrage territorial et motivation. Les entrepreneurs retenus rejoindront un réseau panafricain d’anciens, devenus à leur tour des ambassadeurs du développement économique local.

Succes Stories

Depuis 2011, le programme a permis à plus de 60 entrepreneures de s’ouvrir au monde, gagner en compétence, networking et très souvent de passer « un cap » dans leur parcours entrepreneurial. Plusieurs de ces entrepreneurs sont aujourd’hui des personnalités reconnues dans l’écosystème entrepreneurial camerounais.

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