Compétitivité portuaire: Quatre géants maritimes accueillis à Kribi
Le port en eau profonde de Kribi a montré par cette action le 9 juillet dernier, qu’il peut absorber le trafic des plus grands navires du monde.
Quatre navires géants à quai, dont un colosse de 400 mètres. Ce 9 juillet 2025, le Port Autonome de Kribi est entré dans une nouvelle dimension en orchestrant une configuration maritime sans précédent sur les côtes africaines. Ce record opérationnel n’est pas une simple prouesse technique : il incarne un basculement de paradigme pour le transport maritime camerounais et, plus largement, pour la dynamique logistique en Afrique centrale. Kribi, port en eau profonde déjà reconnu pour sa modernité, démontre aujourd’hui sa capacité à rivaliser avec les grands ports mondiaux.
À quai : le MSC China (400 m, 24 116 EVP), véritable titan des mers ; l’APL Mexico City et le CMA CGM Jacques Junior (plus de 300 m chacun, 9 200 EVP) ; et le vraquier Lady Babu (176,83 m, 33 720 tonnes DWT). Ce quatuor compose une image rare, voire unique, sur la façade Atlantique de l’Afrique. Derrière cette photo spectaculaire, un message : « Kribi est prêt pour les flux massifs et complexes du commerce globalisé ».
Toutefois, d’après l’autorité portuaire, ce jalon n’aurait pu être atteint sans une infrastructure calibrée pour l’excellence : « 16 mètres de tirant d’eau naturel, quais élargis, portiques STS et RTG ultramodernes, zones de stockage vastes et optimisées. Depuis le lancement des opérations, la plateforme n’a connu aucun incident majeur, témoignant de la rigueur des standards techniques et des procédures internes ».
Situé au cœur du Golfe de Guinée, le port s’intègre à la route maritime Africa Express, un axe stratégique entre l’Afrique et l’Asie. « En tant que point d’entrée privilégié pour les flux régionaux et internationaux, il consolide le positionnement du Cameroun dans les chaînes logistiques globales. L’industrialisation locale et la politique d’import-substitution y trouvent un levier concret », a indiqué un cadre du port.
A l’en croire, derrière cette réussite, un cadre de développement plus large : 15 000 hectares de réserves foncières, une interconnexion multimodale vers l’hinterland d’Afrique centrale et de l’Ouest, et une ambition claire de devenir un complexe industrialo-portuaire de premier plan. « Depuis sa mise en service en 2018, le port ne cesse de franchir des seuils ». Avec cet exploit donc, Kribi n’affiche pas seulement sa puissance : « il envoie un signal aux économies voisines. La plateforme n’est plus simplement un point de passage, elle devient un nœud névralgique de la croissance régionale », assure le top management du port.
En orchestrant la manœuvre simultanée de quatre géants des mers, le Port de Kribi ne se contente pas d’un record. Il confirme sa mutation en catalyseur logistique de l’Afrique centrale. Et, peut-être, en modèle portuaire du continent.
H.T

