Djeuga Palace: Suspens autour d’une vente polémique

Alors que le tribunal de Bonabéri a ordonné, le 9 octobre 2026, la suspension de la vente du complexe hôtelier, de sources proches du dossier affirment que le bien a bel et bien été adjugé le même jour à 5,5 milliards FCFA, ouvrant un bras de fer judiciaire inédit.

C’est le suspens total autour de l’affaire Djeuga Palace de Douala. Le complexe hôtelier dont le cabinet Lazare Atou avait annoncé la vente aux enchères pour le 9 octobre 2026, avec une mise à prix de 5,5 milliards FCFA, a-t-il changé de mains en dépit d’une décision de justice ordonnant le contraire ? La question est sur toutes les lèvres depuis le 9 octobre dernier.

Ce qui est établi, c’est que le tribunal de première instance de Douala-Bonabéri, statuant en référé, a ordonné la suspension de la vente. Dans son ordonnance, la juge des référés a interdit toute cession en attendant la décision du tribunal administratif du Littoral, saisi sur le fond du litige foncier.

L’heure de cette décision est au cœur de la controverse. Selon, Jules Bambia Biambeu, conseil du Djeuga Palace, au micro de la chaîne de télévision « Equinoxe », il n’y a aucun doute sur la chronologie : « Madame la présidente, connaissant bien les enjeux, a rendu sa décision avant 11 heures. Ceci est la vérité qui transparaît du dossier. Il n’y a pas une autre vérité que celle-là. « Ce qui se dit sur les réseaux sociaux, reste dans les réseaux sociaux. »

Une précision capitale, car selon plusieurs sources concordantes bien introduites auprès de l’étude notariale chargée de la vente et dans les milieux judiciaires de Douala, l’adjudication aurait bel et bien eu lieu, à 11 heures, au prix de 5,5 milliards FCFA.

Si ces deux informations sont exactes, on se retrouverait face à une vente intervenue après une interdiction judiciaire. Le notaire instrumentaire a-t-il été notifié à temps de l’ordonnance de suspension ? Le cabinet Atou, qui revendique la gestion des actifs de l’ex-Regifercam en liquidation, a-t-il passé outre la décision du juge de Bonabéri ? Les zones d’ombre sont nombreuses, d’autant que la procédure même de la vente était déjà contestée par le Djeuga.

Tout part de la dissolution de la Régifercam par décret nᵒ 99/057 du 19 mars 1999, dont le patrimoine est dévolu entre sa liquidation et le concessionnaire de l’activité ferroviaire Camrail. La parcelle querellée, objet du titre foncier 318/WA, abritant des entrepôts de l’ex-Régifercam, ferait partie du domaine des chemins de fer dévolu à sa liquidation.

À la suite d’une demande de titre foncier au nom de la Régifercam, le cadastre du Wouri aurait réalisé un bornage le 27 décembre 2006 faisant état d’une superficie globale de 1 hectare 07 ares 04 centiares. C’est pourtant en violation des droits créanciers de l’ex-Régifercam qu’une première administration des domaines aurait attribué le site en concession provisoire à la Société Djeuga Palace, après lui avoir donné une classification domaniale propre aux zones rurales les plus enclavées.

Prenant motif de la préparation de la CAN 2016 et 2019, une deuxième administration viendra attribuer le site querellé en concession définitive avec une superficie portée à 5972,3 m² pour 29 861 000 FCFA par arrêté du 18 juin 2016.

 

 Julien Efila

 

 

 

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