Souveraineté numérique: La Cnps prône une Afrique créatrice de technologies
À Yaoundé le 13 octobre 2026, le Directeur général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame, a participé au Colloque du Centre d’Études et de recherches constitutionnelles, administratives et financières et invite le continent à investir dans la formation, la recherche et le droit pour bâtir des solutions locales grâce à l’Intelligence artificielle.
Et si l’Afrique cessait enfin de consommer les technologies conçues ailleurs pour devenir l’un des moteurs de la création numérique mondiale ? c’est le pari défendu par Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame, Directeur général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Cnps). Intervenant le 13 octobre 2026 à Yaoundé lors des travaux du Centre d’études et de recherches constitutionnelles, administratives et financières (Cercaf) organisés à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric), le Dg de la Cnps a livré un plaidoyer en faveur d’une véritable souveraineté numérique du continent.
Au cœur d’un panel consacré à l’Intelligence artificielle (IA) et à la performance administrative, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo est revenu sur les transformations concrètes engagées au sein de son institution. Les chiffres avancés illustrent un saut qualitatif inédit pour le secteur public puisque les états financiers de l’organisme de prévoyance sociale qui nécessitaient auparavant plusieurs semaines de traitement complexe, s’effectuent désormais en sept jours. Une prouesse qui permettra la clôture des comptes dès la mi-janvier, contre une présentation au Conseil d’administration qui s’étirait autrefois jusqu’en février. L’impact le plus spectaculaire concerne toutefois le contrôle des employeurs. Grâce à l’automatisation et à la modélisation algorithmique, une procédure qui s’étalait traditionnellement sur deux à trois semaines s’exécute aujourd’hui en moins de vingt-quatre heures, avec un taux de fiabilité estimé à 95%. Cette rigueur retrouvée a immédiatement porté ses fruits avec l’annonce de la Cnps d’avoir recouvré 450 millions de Fcfa au près d’une grande entreprise de la place.
Dépasser l’IA « consommatrice »
Mais au-delà des gains de productivité interne, le patron de la Cnps a profité de cette tribune scientifique clôturé le 14 octobre 2026 sous le thème « Le droit public à l’aune des innovations : intelligence artificielle et performance » pour élargir la réflexion à l’échelle du continent. « Il faut distinguer l’IA consommatrice de l’IA productrice. Notre objectif ici n’est pas de faire de l’Afrique une consommatrice de technologies d’ailleurs, mais de contribuer à faire émerger une Afrique créatrice de valeur », a souligné le Top manager. Pour réussir cette mutation structurelle, l’Afrique doit surmonter d’importants obstacles logistiques et humains. Le Directeur général a rappelé la nécessité absolue d’investir massivement dans l’éducation stratégique, la recherche scientifique fondamentale et des infrastructures énergétiques stables. Il a également préconisé une synergie renforcée entre pouvoirs publics, universités et entreprises privées.
En clôturant son propos, l’intervenant a interpellé la communauté juridique. Selon lui, la protection des données personnelles, la clarification des responsabilités en cas d’erreur algorithmique et l’actualisation du cadre normatif conditionneront le succès de cette transition. En positionnant le droit non pas comme un frein, mais comme un catalyseur d’innovation, le Cameroun et l’Afrique se donnent les moyens d’édifier des capacités locales durables, garanties d’une réelle indépendance technologique et d’un service public moderne.
A.J.E

