Résilience économique: Le Cameroun mise sur le Commonwealth
À Londres, le 9 septembre 2026, le Cameroun a présenté aux acteurs financiers du Commonwealth ses leviers pour attirer les investissements, diversifier son économie et mieux faire face aux chocs mondiaux.
C’est dans le décor historique du Guildhall, au cœur battant de la finance londonienne, que le Cameroun a abattu ses cartes. Ce mercredi 9 septembre 2026, lors de la table ronde organisée par le Conseil de l’entreprise et de l’investissement du Commonwealth (CWEIC), les émissaires de Yaoundé ne sont pas venus pour subir le dictionnaire de la fatalité. Face à un parterre d’experts, de grands patrons et de décideurs politiques, le message du pays s’est voulu d’une clarté limpide : face aux chocs géopolitiques et environnementaux, le Cameroun compte utiliser les outils, les financements et les normes du Commonwealth comme un accélérateur de croissance et un bouclier anti-crise.
Cette démarche s’inscrit dans une urgence planétaire collective. Comme l’a rappelé Lord Jonathan Marland, président du CWEIC, à l’ouverture des débats : « L’environnement mondial actuel est d’une complexité sans précédent, mais cette instabilité offre précisément des occasions uniques de resserrer nos liens économiques et de multiplier les investissements partagés ». Pour le Cameroun, le directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), Philippe Camille Akoa, a souligné que cette main tendue représente une opportunité en or d’oxygéner l’économie locale.
Pour autant, la stratégie camerounaise ne repose pas sur une logique d’assistance passive. Bien au contraire, le pays mise sur un partenariat d’égal à égal pour structurer sa solidité interne. En clair, renchérit le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Paul Tasong, il s’agit d’attirer des capitaux privés et d’adopter des standards de gestion internationaux pour rassurer les marchés, tout en gardant fermement les commandes de son développement. En exploitant les circuits financiers de la City de Londres, Yaoundé espère moderniser ses infrastructures routières, énergétiques et numériques. Ces chantiers indispensables permettent de mieux résister aux vents violents de l’économie mondiale.
Sur le terrain, cette ambition se traduit par une volonté farouche de transformer l’économie en profondeur. Les dirigeants camerounais savent que la vulnérabilité aux prix des matières premières reste un talon d’Achille. Dès lors, s’appuyer sur la puissance de frappe du Commonwealth permet de diversifier les activités locales. Grâce à des financements plus verts et plus accessibles, le pays veut booster son agriculture, stabiliser son réseau électrique et sécuriser ses systèmes informatiques contre les attaques numériques. Chaque sou investi doit servir de brique pour construire un édifice national plus solide.
Par ailleurs, l’accent mis sur les normes du Commonwealth agit comme un label de confiance pour les investisseurs internationaux. En harmonisant ses règles commerciales et financières avec celles de ce grand marché mondial, le Cameroun simplifie les affaires et réduit les risques de corruption. Cette mise aux normes agit comme un aimant pour les capitaux privés qui hésitent parfois à s’engager en Afrique centrale. C’est une manière de dire au monde que la maison Cameroun est stable, transparente et prête pour des affaires durables.
Toutefois, le chemin ne sera pas sans embûches. Les tensions géopolitiques globales et la hausse des taux d’intérêt mondiaux compliquent l’accès à l’argent frais. Mais à Londres, l’optimisme restait de mise. Un participant de la table ronde résumait l’ambiance ainsi : « Le Commonwealth n’est pas qu’un club diplomatique, c’est un multiplicateur de forces économiques pour des nations ambitieuses comme le Cameroun. » En se positionnant au centre de ce réseau, Yaoundé ne cherche pas seulement à traverser la tempête actuelle, mais s’assure d’avoir les fondations nécessaires pour ne plus trembler lors des prochaines crises. Une vision pragmatique pour un avenir plus serein.
H.T.

