Cameroun–États-Unis: Ella Martin de Citibank prend les rérênes de l’AmCham

La Chambre de commerce américaine au Cameroun renouvelle son exécutif avec l’élection d’un nouveau conseil d’administration. Ella Martin succède à Laure E. Djoukam à la présidence, à la tête d’une équipe résolument tournée vers le secteur financier et technologique.

Une nouvelle page s’ouvre pour la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham Cameroon). L’organisation patronale vient d’officialiser la mise en place de son nouveau conseil d’administration, désormais présidé par Ella Martin, cadre au sein de l’établissement financier Citibank. Elle prend la suite de Laure E. Djoukam, dirigeante de Shekina Invest, qui conserve néanmoins son ancrage au sein de l’instance de gouvernance en qualité d’administratrice.

Pour orchestrer ce nouveau mandat, la présidente sera épaulée par Leah Malla Rackovsky, fondatrice d’Azamra Financial Technologies et ancienne présidente du comité des technologies émergentes de la chambre, qui hérite de la vice-présidence. La trésorerie est quant à elle confiée à Émilie Siewe, membre reconduite du précédent bureau. Ce triumvirat de tête reflète une nette prédominance des expertises issues des secteurs bancaire et des technologies financières.

Un conseil diversifié aux ancrages stratégiques

Au-delà de l’exécutif direct, le conseil d’administration s’appuie sur sept administrateurs chevronnés : Hélène Dengoue, Richard Fowang, Laure E. Djoukam, Sarada Nya, Alain Nono, John Phipps et Salamatou Bantse. Ces personnalités incarnent la diversité du tissu économique représenté par la chambre, regroupant des figures clés issues des hydrocarbures, des télécommunications, des produits de grande consommation et du conseil juridique.

Dans sa communication officielle, la nouvelle direction réaffirme son ambition centrale : dynamiser les échanges commerciaux et stimuler les investissements binationaux entre Yaoundé et Washington, tout en rehaussant la qualité des services offerts aux entreprises adhérentes. Si l’organisation n’a pas encore dévoilé de feuille de route chiffrée ni de calendrier précis pour cette mandature, les attentes du secteur privé restent fortes.

Climat des affaires et réformes fiscales en ligne de mire

Ce changement d’équipe dirigeante s’inscrit dans la continuité d’une série d’initiatives stratégiques menées récemment par l’AmCham. Le 26 août 2026, l’organisation avait conjointement tenu à Yaoundé, avec l’ambassade des États-Unis, un forum de haut niveau centré sur les contraintes opérationnelles des entreprises. Les débats avaient mis en lumière les goulets d’étranglement majeurs des secteurs bancaire, technologique et agro-industriel, notamment les restrictions d’accès aux devises, la complexité des financements et la lourdeur réglementaire.

Dans la foulée, le 27 août 2026, une délégation menée par l’ancien vice-président Guy Honoré Tchente s’était concertée avec la Direction générale des impôts (DGI). L’AmCham y avait soumis ses recommandations pour la loi de finances 2027, plaidant pour une meilleure prévisibilité fiscale, des réajustements sur la TVA, un cadre adapté à l’économie numérique et des incitations accrues à l’investissement.

Créée en 1994 et affiliée à la US Chamber of Commerce, l’AmCham Cameroon revendique aujourd’hui un réseau d’une centaine d’entreprises. Elle demeure un acteur central du plaidoyer économique, assurant le networking, la représentation auprès des institutions publiques et l’organisation de missions de prospection vers le marché américain.

 

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