Législatives et municipales 2027: Le SDF met en garde contre tout nouveau report
Réunis en conférence de presse ce 23 juillet à Yaoundé, les responsables du Social Democratic Front (SDF) exigent le maintien des législatives et municipales prévues début 2027 et appellent l’opposition à un front commun contre toute nouvelle prorogation.
« Ne touchez plus à la date des élections ». La phrase est tombée comme un couperet ce 23 juillet à Yaoundé. Face à la presse, le SDF a choisi la fermeté. Le parti fonde sa mise en garde sur le risque institutionnel. « Tout report supplémentaire est une confiscation de la souveraineté du peuple », a martelé, Joshua Osih, le leader de cette formation politique de l’opposition.
Pour le parti, l’enjeu dépasse la simple question technique d’un calendrier. Il s’agit de la santé démocratique du pays. Dans un contexte de crise sociale, de hausse des prix et d’inertie dénoncée au sommet de l’État, le SDF estime que seul un nouveau mandat populaire peut redonner de la respiration aux institutions.
« Les élections législatives et municipales sont prévues dans le cours normal des dispositions légales pour le début de l’année 2027 », a rappelé le parti. Toute tentative de modification « sous quelques prétextes de sécurité, de calendrier, des finances ou consensus sera traitée par notre parti comme une confiscation inconstitutionnelle du mandat du peuple ». La solution n’est donc pas de repousser l’échéance mais de l’assumer. « Un pays comme le Cameroun n’a pas besoin de moins d’élections. Il a besoin de la légitimité que seules les élections donnent », a affirmé, Joshua Osih.
Le message s’adresse alors directement au gouvernement. « Que le gouvernement l’entende clairement, le calendrier électoral n’est pas sa propriété. Il appartient au peuple souverain », a-t-il insisté.
Le SDF inscrit donc ce combat dans la durée. Il l’a d’ailleurs lié à un autre dossier brûlant : « Cette année, chers amis, le Cameroun marque dix ans depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Pour le parti, organiser des élections crédibles sur l’ensemble du territoire est aussi un moyen de répondre à cette crise.
L’argument de ce parti de l’opposition prend en outre une résonance particulière dans le contexte actuel. Le président Paul Biya est absent du territoire depuis plus de 45 jours, une vice-présidence a été créée en avril « au nom de la continuité de l’État » ; mais le titulaire du poste n’est pas toujours connu.
Appel à l’union de l’opposition
Le parti ne veut pas mener ce combat seul. Depuis la tribune de la conférence de presse, le SDF a tendu la main à ses adversaires d’hier. « Parce que ce danger concerne la démocratie, j’appelle solennellement tous les partis politiques de l’opposition, quelle que soit leur différence de candidats, de stratégies ou d’histoire, à s’unir sur cette exigence unique, minimale et non négociable : les élections doivent se tenir telles qu’actuellement prévues avec des garanties de transparence », a déclaré le porte-parole du parti de feu John Fru Ndi. Avant d’annoncer : « Le SDF convoquera en temps opportun les forces politiques qui partagent cette position afin de formaliser ce front commun contre le report des élections municipales et législatives ».
Cette mise en garde du SDF intervient, à la suite de la prorogation, le 4 mai dernier, du mandat des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Elus en février 2020, une première prorogation avait déjà repoussé leur fin de mandat initial de février au 31 mai 2026.
Pour ce qui est des députés, leur mandat avait été prorogé jusqu’au 20 décembre 2026, par une décision adoptée par le parlement, le 19 mars dernier, marquant une deuxième prolongation pour l’actuelle législature issue du scrutin de janvier 2020.
Julien Efila

