Guerre en Ukraine: Des désertions signalées dans l’armée camerounaise

Dans un message porté daté du 07 mars dernier, le ministre de la Défense, Joseph Beti, révèle des départs clandestins dans les rangs de la Grande muette.

Des militaires désertent. Cette information est contenue dans un message porté signé le 07 mars dernier par le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo. Ledit message est intitulé : « Engagement illicite des personnels des FDS [Forces de défense et de sécurité] dans [le] conflit russo-ukrainien ». Le Mindef donne alors des instructions fermes pour stopper la saignée. Il indique que, suite [aux] informations concordantes et dignes de foi faisant état des départs clandestins de certains éléments de FDS, les responsables militaires sont invités à prendre en « urgence » toutes les dispositions appropriées en vue de contrôler et resserrer les effectifs dans les rangs.

En outre, ces responsables doivent interdire la sortie du territoire national tout personnel dépourvu d’une autorisation dûment signée par les soins du Mindef après avis de la chaîne hiérarchique et la division de la sécurité militaire (Semil). Enfin, il est instruit de prendre « immédiatement » des mesures appropriées à l’encontre des déserteurs conformément à la règlementation en vigueur et rendre compte du Mindef.

. Cette sortie du Mindef intervient au moment où le conflit à l’est de l’Europe, déclenchée en février 2022, est devenu lucratif pour les combattants étrangers, qui s’engagent dans les combats. D’après des experts militaires, la Russie proposerait au moins 10 000 euros (environ 6,5 millions de FCFA) de primes aux étrangers volontaires qui s’engagent dans ses rangs. Une prime élevée qui pousserait certains soldats de plusieurs pays dans à déserter leurs armées pour combattre.

Depuis le début du conflit en Ukraine, des dizaines de milliers de soldats et supplétifs russes ont perdu la vie sur le front. Face à une pénurie de personnel militaire et à l’enlisement du conflit, la Russie a lancé une « campagne de recrutement mondiale ». Parmi les recrues, on retrouve de nombreux Africains, dont de jeunes Camerounais. Appréhendés pour être entrés illégalement en Russie, ils auraient été contraints de rejoindre les rangs de l’armée pour éviter l’expulsion, indique le média panafricain.

Déployés sur le front ukrainien, ces soldats, souvent considérés comme de seconde zone », se retrouvent bien souvent dans l’impasse. Cette situation soulève des questions cruciales sur les droits humains, la vulnérabilité des migrants et la complexité des conflits internationaux. Les Camerounais enrôlés se trouvent pris au piège entre des intérêts politiques et leur propre survie.

Dans le cadre de ce conflit russo-ukrainien, le Cameroun applique la politique de non-ingérence.  Ce qui n’empêche pas les deux pays de coopérer au plan militaire. A preuve, e pays de Vladimir Poutine a signé une entente le 12 avril dernier avec le Cameroun de Paul Biya. La signature de l’accord a eu lieu à Moscou entre le ministre de la défense russe Sergueï Choïgou et son homologue camerounais Joseph Beti Assomo. Un document a d’ailleurs été publié sur la toile camerounaise provoquant une hystérie générale dans le pays. Beaucoup saluant l’initiative du gouvernement alors même que la Russie est vivement critiquée en occident pour son offensive en Ukraine.

Les 2 pays s’accordent ainsi à échanger des opinions et informations dans le secteur de la défense et de la sécurité internationale mais aussi de développer des relations dans les domaines de la formation conjointe et également de la lutte contre le terrorisme. Pour rappel, les occidentaux accusent la Russie de vouloir saper les efforts occidentaux en Afrique. Moscou quant à lui affirme que sa présence n’est que le fruit d’un accord entre états indépendants et salue son rapprochement avec les pays africains.

Maixent Fegue

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