Déchets: Ngombè se prépare à prendre le relais de la décharge de PK10
Hysacam a présenté au maire de la ville de Douala le 06 août 2026, 11 nouveaux engins lourds, acquis pour près de 2 milliards FCFA, afin d’accélérer le traitement des déchets à PK10 et préparer le transfert vers Ngombè en 2027.
À la décharge de PK10, dans le 3e arrondissement de la ville de Douala, les montagnes d’ordures ont presque fini de raconter leur histoire. Pendant vingt ans, ce site a avalé les déchets de la capitale économique, jusqu’à atteindre plus de 11 millions de tonnes traitées. Mais le compte à rebours est désormais lancé. La décharge historique entre progressivement dans sa phase de fermeture et, derrière elle, une nouvelle page doit s’écrire à Ngombè, dans le 5e arrondissement.
C’est dans ce contexte que la société d’Hygiène et de salubrité du Cameroun (Hysacam), vient de sortir les gros moyens. Six excavatrices, trois bulldozers, une niveleuse et un compacteur : onze engins flambant neufs, pour un investissement annoncé d’environ 2 milliards de FCFA. Le matériel a été présenté le 6 août 2026 au maire de la ville, Dr Roger Mbassa Ndinè, lors d’une visite des sites de PK10 et de Ngombè. L’objectif ici est de faire circuler plus vite les camions, traiter les déchets sans engorgement et éviter que les difficultés rencontrées à la décharge ne se transforment, quelques kilomètres plus loin, en nouveaux tas d’ordures dans les rues.
Car à Douala, le problème ne s’arrête pas à la porte de la décharge. Des points noirs persistent dans plusieurs quartiers. Brazzaville, Ndogpassi, Bonabéri, Makepe-Missoké, PK14, Logbessou, etc. ont récemment été cités parmi les zones confrontées à l’accumulation des déchets. Des images de bacs débordants et de dépôts sauvages continuent d’alimenter le ras-le-bol des habitants. Et la pluie n’arrange rien. En juillet 2026, la Communauté urbaine de Douala rappelait encore que les déchets abandonnés dans les rues, les caniveaux et les cours d’eau peuvent bloquer l’écoulement des eaux et aggraver les risques d’inondation. Le défi est d’autant plus grand que Douala produit chaque jour des quantités considérables de déchets : environ 2 700 tonnes, dont seulement près de 35 % sont effectivement enlevée et traitée.
Le maire de Douala résume l’enjeu en une phrase : « C’est un système global ; si un seul maillon flanche, c’est l’ensemble du dispositif qui en pâtit. » Collecte, transport, déchargement et traitement doivent donc fonctionner comme une seule chaîne. Mais le véritable pari se trouve désormais à Ngombè. Étendu sur 70 hectares, le futur centre multifilières doit prendre le relais de PK10 à partir de 2027. Il ne s’agira plus seulement d’entasser les déchets. Le projet prévoit notamment des espaces sécurisés pour recevoir les ordures, le traitement des boues de vidange, la production de compost et la récupération du gaz issu des déchets pour produire de l’électricité.
La première alvéole devrait pouvoir accueillir jusqu’à 900 000 tonnes de déchets, apprend-on. Le site doit ainsi changer la manière de regarder les ordures : non plus seulement comme ce qui encombre les rues, mais comme une matière pouvant encore servir. Cette ambition rappelle, cependant, une réalité souvent oubliée : une nouvelle décharge ne suffira pas à elle seule à rendre Douala propre. En mai 2025, les États généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains avaient déjà identifié plusieurs urgences : renforcer la pré-collecte, développer le tri, construire des centres de transfert, améliorer le financement du service et responsabiliser davantage les communes et les habitants. Plus d’un an après ces engagements, les tas d’immondices visibles dans certains quartiers montrent que le chantier reste immense. La municipalité entend donc également miser sur un nouveau système de pré-collecte et de premier tri, avec une implication plus forte des populations.
H.T.

