Affaire Rhédac: L’affaire mis en délibéré au 16 mars 2026

La septième audience du procès opposant l’État du Cameroun à ces deux responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) s’est tenue le 2 mars 2026 au Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.

Le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a vécu, le 2 mars 2026, une nouvelle étape dans le dossier opposant l’État du Cameroun à Me Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe. Poursuivies pour « bris des scellés, rébellion en coaction et autres », les deux responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) ont comparu à l’occasion de la septième audience d’un procès suivi de près par les organisations de la société civile.

Il est un peu plus de 9 heures lorsque le président du tribunal ouvre l’audience. Dans la salle, les deux prévenues sont présentes, entourées de leurs avocats. En revanche, la partie civile, représentée par le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, est une nouvelle fois absente, comme lors des audiences précédentes. Ce détail n’échappe pas aux observateurs présents dans la salle. Le président rappelle d’abord que l’affaire avait été renvoyée à cette date à la demande du ministère public afin de présenter ses éléments de preuve.

La parole est alors donnée au procureur. Pendant près de cinquante minutes, ce dernier retrace les faits et justifie les poursuites engagées contre les deux militantes. Selon lui, les infractions retenues reposent sur plusieurs éléments qui traduiraient « une attitude de défiance à l’égard de l’autorité de l’État ». Pour illustrer cette position, il évoque notamment le fait que les prévenues ne se seraient pas présentées à plusieurs convocations administratives.

Examiner le dossier « avec froideur et lucidité »

Après ces réquisitions, la défense entre en scène. Me Serge Nkenngni Tchiliebou prend d’abord la parole pour présenter le collectif d’avocats mobilisé autour des deux femmes et préciser le rôle de chacun dans la stratégie de défense. La série de plaidoiries s’ouvre ensuite avec Me Clémence Mafetgo. L’avocate invite la juridiction à examiner le dossier « avec froideur et lucidité », avant de rappeler le parcours des deux prévenues, engagées de longue date dans la promotion des droits humains.

Dans la même veine, Me Gladys Mbuya insiste sur la dimension régionale du Redhac, une organisation active dans plusieurs pays d’Afrique centrale. « Le réseau travaille souvent aux côtés des gouvernements pour promouvoir les droits humains », souligne-t-elle, estimant que l’action de ses responsables s’inscrit dans cette dynamique. Au fil des interventions, les avocats s’attachent également à pointer les failles qu’ils estiment déceler dans la procédure. Me Augustin Nguefack évoque ainsi « plusieurs irrégularités » concernant notamment la manière dont certaines parties ont été identifiées dans le dossier. À ses yeux, ces manquements devraient conduire la juridiction à prononcer la relaxe des deux prévenues.

D’autres plaidoiries s’attardent sur les circonstances ayant conduit à la pose de scellés sur les locaux du Redhac. Me Claude Assira affirme pour sa part que cette mesure aurait été prise sans que les actes administratifs nécessaires aient été formellement notifiés. Dans la même logique, Me Aurore Nkom estime que l’arrêté suspendant l’organisation ne mentionnait pas explicitement l’apposition de scellés. « Il s’agit d’un acte qui peut être interprété comme une violation de domicile », plaide-t-elle devant la cour.

Les interventions se succèdent pendant plusieurs heures, chacune apportant son éclairage sur une affaire qui dure désormais depuis près d’un an. Dans la salle d’audience, l’attention reste soutenue jusqu’à la clôture des débats. Il est 13h17 lorsque le président du tribunal met fin aux échanges. L’affaire est mise en délibéré et le verdict est attendu pour le 16 mars 2026. D’ici là, les regards restent tournés vers cette décision qui marquera une nouvelle étape dans un dossier devenu emblématique pour les défenseurs des droits humains au Cameroun.

Hélène Tientcheu

 

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