Villes et gestion foncière durable: Le projet entre en phase active avec l’installation de ses responsables
Financé par l’État du Cameroun et la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, soit 113,89 milliards de FCFA au taux actuel, il succède au Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR), clôturé le 30 juin 2025.
Le Projet villes et gestion foncière durable (PVGFD) est officiellement entré dans sa phase opérationnelle avec l’installation, le 19 novembre 2025 à Yaoundé, de ses principaux responsables par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès. Financé par l’État du Cameroun et la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, soit 113,89 milliards de FCFA au taux actuel, il succède au Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR), clôturé le 30 juin 2025. Le PVGFD vise à renforcer durablement la résilience urbaine, la gestion foncière et les infrastructures essentielles de Yaoundé et Douala, pour un impact estimé à 2,1 millions de bénéficiaires.
Selon le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), le projet repose sur deux composantes structurantes. La première concerne la construction et la réhabilitation d’infrastructures résilientes : 24,5 km de voiries dans les deux villes et 10 km de drains à Douala, destinés à réduire les inondations chroniques.
Les interventions cibleront en priorité les bassins versants de Tongo Bassa (6 km) et Bobongo (4 km), régulièrement touchés par les pluies diluviennes. L’objectif est de limiter les dégâts récurrents sur les habitations, les activités économiques et les réseaux de mobilité urbaine.
Moderniser l’administration foncière et réduire les conflits
La deuxième composante du PVGFD porte sur l’amélioration des services d’administration foncière. Il s’agit de moderniser les outils de gestion du sol, de réduire les conflits fonciers et de renforcer la planification urbaine.
Cette modernisation doit permettre une meilleure sécurisation des droits, une maîtrise accrue de l’occupation des sols et une rationalisation de l’extension urbaine, dans un contexte de forte pression foncière à Yaoundé et Douala.
Le PVGFD s’appuie sur les performances du PDVIR, dont l’approche a été jugée concluante par les autorités et les partenaires techniques. Ce précédent programme a permis l’aménagement de 31,5 km de routes et 7 km de drains dans sept grandes villes, améliorant la mobilité, l’accès aux services essentiels et la sécurité urbaine, selon les données officielles. Plus de 650 000 habitants en ont bénéficié.
Forte de ce bilan, l’approche méthodologique du PDVIR – axée sur l’inclusion, la résilience et la planification participative – a été retenue comme modèle pour le PVGFD, avec une focalisation plus marquée sur la gestion foncière et les deux principales métropoles économiques.
Répondre à une urbanisation rapide et sous forte pression foncière
Avec un taux d’urbanisation avoisinant 60 % selon la Banque mondiale, le Cameroun figure parmi les pays d’Afrique centrale où la croissance urbaine est la plus rapide. Yaoundé et Douala concentrent une large part de cette dynamique, contribuant fortement au PIB national, mais restent confrontées à des défis structurels : insuffisance d’infrastructures, croissance non planifiée, prolifération de quartiers précaires, pression accrue sur le foncier.
Pour y répondre, le gouvernement a inscrit dans le Document de stratégie nationale de développement (SND30) l’objectif de bâtir des villes plus équilibrées, mieux planifiées et plus résilientes. C’est dans ce cadre que s’inscrit le PVGFD, placé sous la tutelle du Minhdu.
Un financement IDA qui conforte la stratégie de l’État
Le 11 septembre 2025, le président Paul Biya a autorisé par décret la signature d’un important accord de financement avec l’Association internationale de développement (IDA), branche de la Banque mondiale dédiée aux pays à faible revenu.
Sur cette base, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a conclu un accord de crédit de 184,9 millions d’euros, soit 121,3 milliards de FCFA, destiné au PVGFD. Ce financement consolide l’enveloppe globale nécessaire à la mise en œuvre du projet et illustre la confiance des partenaires internationaux dans la vision camerounaise du développement urbain.
En procédant à l’installation des responsables du PVGFD, Célestine Ketcha Courtès a insisté sur la portée stratégique du projet pour un Cameroun tourné vers la durabilité. Elle a appelé les équipes à un « engagement total » afin de garantir le succès de cette initiative, présentée comme l’un des programmes urbains les plus structurants de la décennie.
La réussite du PVGFD sera déterminante pour la capacité de l’État à maîtriser la croissance urbaine de Yaoundé et Douala, à réduire les risques liés aux inondations et aux tensions foncières, et à démontrer l’efficacité des grands programmes financés par les bailleurs internationaux.
M.F

