Littoral: La société civile veut peser dans les décisions locales

Réunis à Douala le 29 avril 2026, plus de 150 acteurs ont proposé six actions pour renforcer leur rôle aux côtés des collectivités dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

À Douala, la société civile du Littoral a décidé de passer à l’action. Réunis le 29 avril 2026, dans le cadre de la 7è édition du forum Plateforme des organisations de la société civile du Littoral (Plafosil), plus de 150 acteurs ont adopté six résolutions pour tenter de réduire la pauvreté et les inégalités dans la région. Au cœur de leur démarche : une idée simple mais encore peu appliquée, travailler enfin main dans la main avec les collectivités locales. D’emblée, le diagnostic posé fait état de ce que dans plusieurs quartiers, la pauvreté persiste, le chômage des jeunes progresse et l’accès aux services de base reste difficile. À cela s’ajoutent les inondations, l’insalubrité ou encore la précarité des femmes. « Sur le terrain, la collaboration avec les Collectivités Territoriales Décentralisées reste limitée, alors que nous devrions agir ensemble », reconnaît Marius Kaptouom, secrétaire exécutif du Plafosil.

Pourtant, admet le représentant du gouverneur du Littoral, Yves Abena Afanda : « les deux camps poursuivent le même objectif : améliorer les conditions de vie des populations. Mais dans les faits, leurs actions avancent souvent en parallèle, sans véritable coordination. Leurs interventions demeurent parfois cloisonnées et insuffisamment coordonnées ». Résultat : des efforts dispersés et peu visibles pour les populations. Face à ce constat, les organisations de la société civile ont choisi de structurer leur offensive. Première mesure phare : la création, dans les six mois, d’une plateforme numérique qui réunira associations, collectivités, secteur privé et communautés. L’objectif étant de mieux se connaître pour mieux agir. « Cette initiative doit s’appuyer sur une cartographie des acteurs afin d’éviter les doublons et de renforcer l’efficacité des actions sur le terrain ».

Dans la même logique, un cadre de concertation régulier sera mis en place. Il réunira non seulement les organisations et les élus locaux, mais aussi les comités de quartiers et de villages. Cette instance, apprend-on, aura pour mission de définir les priorités sociales et d’élaborer une feuille de route commune. « Le développement local durable ne peut être atteint sans une coopération forte, transparente et inclusive », insiste la déclaration finale du forum. Autre levier jugé essentiel : le suivi citoyen des budgets publics. Les participants recommandent de rendre ce mécanisme systématique afin que les populations puissent vérifier comment les fonds sont utilisés. En parallèle, les organisations seront regroupées par domaines de compétence pour gagner en lisibilité et en impact.

Un cadre d’échange formel, réunissant chaque trimestre les différents acteurs dans les quatre départements du Littoral, viendra compléter ce dispositif. Bien plus, les besoins des communautés devront être clairement identifiés et hiérarchisés, pour éviter la dispersion des ressources. Derrière ces résolutions, pense un membre d’une OSC, un message politique se dessine. « La société civile ne veut plus être un simple relais, mais un véritable partenaire des politiques locales. Dans un contexte de décentralisation, leur contribution ne saurait être marginale. Elle doit être pleinement reconnue ». Et comme le rappelle la présidente du comité d’organisation, Elisabeth Mekougou Obam épouse Ndjella, « faute de collaboration structurée, il sera difficile d’atteindre les objectifs de développement fixés à l’horizon 2030 ».

H.T

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