Francophonie économique: Abidjan veut faire de la mobilité le nouveau moteur de la croissance
Du 8 au 10 décembre 2026, la Côte d’Ivoire accueillera la 5ᵉ Conférence internationale sur la Francophonie économique. Chercheurs, décideurs, entrepreneurs et organisations de plus de vingt pays y débattront des moyens de mieux faire circuler les talents, les entreprises, les investissements et les savoirs…
Comment transformer les déplacements des femmes, des hommes, des idées et des capitaux en véritables opportunités de développement ? C’est à cette question que tenteront de répondre les quelque 250 à 300 participants attendus à Abidjan en Côte-d’Ivoire, du 8 au 10 décembre prochains, à l’occasion de la 5ᵉ Conférence internationale sur la Francophonie économique (CIFÉ 2026). Placée sous le thème « La mobilité économique, moteur d’innovation et de croissance dans l’espace francophone », cette rencontre entend dépasser les discours pour faire émerger des solutions concrètes en faveur d’une Francophonie plus dynamique.
Organisée par l’Observatoire de la Francophonie économique (OFÉ) de l’Université de Montréal, en collaboration avec la Chaire en gouvernance et droit du commerce international de cette université et l’Université Félix Houphouët-Boigny, la conférence réunira des représentants des pouvoirs publics, du monde universitaire, du secteur privé, des organisations internationales, des institutions financières, des diasporas et de la société civile. Tous partageront leurs expériences autour d’un même objectif : mieux connecter les économies francophones.
Pour les organisateurs, la mobilité ne se limite plus au déplacement des personnes. Elle concerne aussi les entreprises qui s’installent sur de nouveaux marchés, les étudiants qui se forment à l’étranger, les entrepreneurs qui développent leurs projets au-delà des frontières ou encore les innovations qui circulent d’un pays à l’autre. « La mobilité économique constitue aujourd’hui un moteur d’innovation et de croissance », soulignent-ils, convaincus qu’elle peut renforcer la compétitivité des territoires et accélérer le développement.
Le choix de la Côte d’Ivoire n’a rien d’un hasard. Première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le pays s’est imposé comme l’un des principaux pôles de croissance du continent. Abidjan, en particulier, concentre de nombreuses institutions régionales et internationales et joue un rôle de carrefour des échanges commerciaux, financiers et humains en Afrique de l’Ouest. Un cadre jugé idéal pour réfléchir aux nouvelles formes de coopération économique entre les pays francophones.
Au programme figurent des conférences, des débats, des ateliers, un salon consacré à l’entrepreneuriat francophone ainsi que plusieurs séances de réseautage. Ces échanges permettront d’aborder aussi bien la circulation des investissements que celle des connaissances, des technologies ou encore des talents, avec l’ambition de faire naître de nouveaux partenariats. La jeunesse occupera également une place de choix. Des espaces dédiés au mentorat, à la formation et à la présentation de projets permettront aux jeunes chercheurs et entrepreneurs de rencontrer des experts et de valoriser leurs initiatives. Une manière, selon les organisateurs, de renforcer les liens entre les nouvelles générations d’acteurs économiques francophones.
Créée en 2019, la Conférence internationale sur la Francophonie économique s’est progressivement imposée comme un rendez-vous de référence. Après Dakar, Rabat puis Yaoundé en 2024, l’étape d’Abidjan marque une nouvelle ambition : transformer les réflexions en actions. « Plus qu’une conférence, la CIFÉ 2026 se veut une plateforme internationale de dialogue, de recherche et d’action », rappellent les organisateurs. Qui indiquent que les travaux ne s’achèveront d’ailleurs pas avec la clôture des débats : À leur issue, l’Observatoire de la Francophonie économique publiera un rapport d’experts rassemblant des recommandations destinées aux gouvernements et aux acteurs économiques. L’objectif est de proposer des pistes pour rendre la mobilité économique plus simple, plus inclusive et plus efficace, afin qu’elle devienne un véritable accélérateur de développement dans l’ensemble de l’espace francophone.
Hélène Tientcheu

