Coopération Cameroun -USA: L’énergie au centre des priorités
Reçu le 24 juillet 2026 par le Ministre de l’Eau et de l’Energie Gaston Eloundou Essomba, le Chargé d’affaires américain John G. Robinson a pris la mesure de la restructuration post-Eneo et des opportunités d’investissement autour de la SOCADEL et la réhabilitation de la SONARA.
C’est une rencontre à haute valeur stratégique qui s’est tenue le 24 juillet 2026 au ministère de l’Eau et de l’Energie (MINEE) où le ministre Gaston Eloundou Essomba a reçu en audience le Chargé d’affaires par intérim de l’Ambassade des Etats-Unis au Cameroun, John G. Robinson, accompagné de Theresa Sondjo, Management Officer, et Yelena Zeru, Deputy Political/Economic Chief. L’audience a pris la forme d’une véritable revue stratégique du secteur de l’énergie puisque le Cameroun, engagé dans l’une des plus profondes réformes de son histoire énergétique, a tenu à présenter à son partenaire américain les contours de sa nouvelle doctrine. Au cœur des échanges, la création de la Société camerounaise d’Électricité (SOCADEL). Le ministre a détaillé la dynamique de restructuration engagée après la reprise des activités d’Eneo par l’État.
Cette création est déjà entrée en phase opérationnelle car depuis le 05 mai 2026 à Yaoundé, Gaston Eloundou Essomba a procédé à l’installation officielle de la toute première équipe dirigeante de la SOCADEL, ouvrant une nouvelle séquence dans la gouvernance du secteur électrique camerounais. Trois jours plus tard, soit le 08 mai 2026, il présidait la cérémonie solennelle de passation de service entre les responsables sortants d’Eneo et les nouveaux dirigeants de la SOCADEL. Le message adressé à la partie américaine mentionnait la reprise de l’énergéticien par l’État et lors de cette cérémonie, le MINEE avait d’ailleurs exigé des résultats immédiats de la nouvelle société, sommée de restaurer la confiance des ménages et des industriels, lassés par les délestages chroniques. La deuxième partie de l’exposé du MINEE sur l’assainissement financier. Le secteur de l’électricité traîne un endettement de 800 milliards de FCFA, fruit d’arriérés croisés entre l’État, Eneo, la Sonatrel et les producteurs indépendants.
Pour le gouvernement, pas de SOCADEL viable sans apurement. Gaston Eloundou Essomba, qui avait déjà présenté le pacte national énergétique lors des Assemblées de printemps de la Banque Mondiale et du FMI à Washington, a expliqué les mécanismes de cantonnement de la dette et de sécurisation des recettes qui sont en cours de finalisation avec les partenaires techniques et financiers. Cette question financière est centrale pour les Américains, dont les entreprises opèrent avec une forte exigence de transparence et de bancabilité des projets. Au-delà des organigrammes, le ministre a fait le point sur les investissements d’urgence destinés à renforcer la stabilité du réseau interconnecté. Y sont également évoqués la résorption des surcharges observées sur les lignes de transport, le programme d’installation de nouveaux transformateurs dans les postes sources saturés de Yaoundé, Douala et Bafoussam, ainsi que les interventions techniques menées dans certaines zones sensibles où les pertes techniques dépassent encore 30%.
Outre la SOCADEL, l’audience a également permis de faire le point sur le projet de réhabilitation de la Société nationale de raffinage (SONARA), incendiée en 2019 et dont la reconstruction reste un dossier prioritaire de souveraineté énergétique. Du côté des États Unis, le secteur énergétique camerounais représente un marché à double enjeu notamment commercial, avec des entreprises comme General Electric, Caterpillar Energy ou des fond spécialisés dans l’off-grid, et géopolitique, à l’heure où d’autres partenaires comme l’Italie et la Grande-Bretagne positionnent déjà leurs offres, notamment sur le solaire et le pompage d’eau. Quant à la dernière partie de l’entretien, les deux parties ont évoqué les perspectives de participation des entreprises américaines aux futurs projets d’investissement.
Arnaud Joseph Etoundi

