Aviation civile: L’Afrique redéfinit sa navigation aérienne

Réunis à Dakar le 21 novembre dernier, les ministres des 18 États membres de l’Asecna ont adopté de nouvelles orientations qui engageront la sécurité et la modernisation du ciel africain pour la prochaine décennie.

La 76ᵉ session extraordinaire du Comité des ministres de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), ouverte ce 21 novembre 2025 à Dakar au Sénégal, marque un tournant pour la navigation aérienne africaine. Autour du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, les délégations des 18 États membres ont entamé un cycle de décisions qui redéfinira les priorités techniques et financières de l’Agence pour les dix prochaines années. Le Cameroun, représenté par son ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehè, a affiché une présence remarquée lors de cette rencontre stratégique.

Dès l’ouverture, le geste symbolique entre le Premier ministre sénégalais et le ministre camerounais a donné le ton. Cette poignée de main, longuement applaudie, a rappelé « le rôle structurant du Cameroun dans la sécurité du ciel africain », selon un conseiller technique de l’Asecna. L’État camerounais, utilisateur majeur des services de navigation aérienne gérés par l’Agence, entend peser sur les orientations adoptées à Dakar, dans un contexte où la modernisation des infrastructures reste un impératif.

Au cœur des discussions figuraient deux documents essentiels : le Plan d’Orientation Stratégique (POS) 2026-2035 et le Plan de Services et d’Équipements (PSE) 2026-2030. Le premier pose la vision de l’Asecna pour la décennie à venir, tandis que le second décline les investissements et actions prioritaires. « Ce sont des textes structurants, qui conditionnent la performance technique de l’Agence », a expliqué un membre du Comité des ministres.

Les enjeux dépassent largement le cadre institutionnel. Pour le Cameroun, les décisions adoptées auront un impact direct sur la sécurisation du trafic aérien, la modernisation des centres de contrôle et l’amélioration des infrastructures installées à Douala, Garoua ou Bafoussam. De ce fait, Yaoundé a plaidé pour un renforcement des investissements ciblés, dans un contexte de croissance continue du trafic régional.

Le communiqué final, publié en fin de session, acte l’adoption du POS et du PSE, ainsi que le plan de financement associé. Les ministres ont aussi décidé d’engager une réforme profonde des procédures de passation des marchés, avec des audits à la clé, afin d’améliorer la performance de l’Agence. Une étape saluée comme « nécessaire et courageuse » par un haut responsable technique présent à Dakar. Le Comité a également réaffirmé son attachement à la sécurité et à l’efficacité des services fournis dans les espaces aériens sous responsabilité Asecna. Il salue des progrès tangibles, tout en appelant la Direction générale à maintenir un « esprit d’innovation » pour accompagner l’intégration économique du continent.

Dans un environnement marqué par la hausse des coûts technologiques et la pression sur les normes internationales, les États membres semblent avoir trouvé un consensus autour d’une ambition commune : moderniser sans délais un outil devenu indispensable à la mobilité africaine. Pour le Cameroun, ces engagements valent aussi promesse d’opportunités nouvelles. Comme l’a confié un membre de la délégation camerounaise, « c’est une décennie décisive qui s’ouvre pour notre ciel et pour l’avenir du transport aérien africain ».

H.T

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