Lutte contre le cancer du sein: Une marche nationale pour clore un mois de mobilisation
Point d’orgue d’un mois d’activités intenses dédiées à la lutte contre le cancer du sein, les artères de la ville de Yaoundé ont été le théâtre d’une marche nationale de solidarité, organisée par le ministère de la Santé publique le 31 octobre dernier.
Du rose plein les rues de la capitale. C’est par une marée humaine que le ministère de la Santé publique a choisi de clore les activités d’Octobre Rose. Le 31 octobre 2026, une marche nationale de solidarité en faveur de la lutte contre le cancer du sein a sillonné les artères de la ville de Yaoundé, partant du centre-ville au quartier Mballa.
La marche a été conduite au nom du ministre, Malachie Manaouda, par la secrétaire permanente du Comité national de Lutte contre le Cancer, Florence Zeh Kakanou, dont le dynamisme et le leadership ont marqué toute la campagne. Pendant près de trois heures, elle a su mobiliser et fédérer : des centaines de femmes, des jeunes filles venues des lycées et universités, des jeunes garçons, et surtout de nombreux hommes venus accompagner leurs épouses, leurs sœurs et leurs filles. Un signal fort qui prouve à suffisance que la lutte contre le cancer du sein n’est pas qu’une affaire de femmes. C’est une affaire de famille, de société.
Vêtus de tee-shirts roses, pour les uns et blancs pour les autres, les marcheurs ont porté le message de la prévention dans une ambiance à la fois festive et solennelle. Le long du parcours, plus de 40 000 personnes ont été sensibilisées au-delà des participants, grâce à la distribution de prospectus et des arrêts pour des causeries éducatives express.
Plusieurs associations et organisations se sont associées spontanément à la marche, au-delà du personnel du ministère, donnant à l’événement une dimension inclusive.
Cette marche vient clore un mois d’octobre particulièrement dense, piloté par le Minsanté à travers son Programme national de Lutte contre le Cancer.Tout au long du mois, le ministère a déployé un dispositif exceptionnel. Des campagnes gratuites de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus ont été organisées dans les dix régions, dans les hôpitaux centraux, régionaux et de district. Des unités mobiles ont sillonné les marchés et les entreprises.
Ajoutées à cela, des causeries éducatives dans les associations de femmes, les établissements scolaires et les administrations, pour apprendre l’auto-palpation et briser les tabous.
Des formations des personnels de santé sur le diagnostic précoce et la prise en charge, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, ont également été menées.
En prenant la parole à l’arrivée de la marche, au nom du ministre, Florence Zeh Kakanou a rappelé l’essentiel : « Octobre rose se termine, mais la vigilance continue. Une femme doit continuer à se palper chaque mois. Le dépistage précoce sauve des vies. Nous ne laisserons aucune femme seule face à la maladie ». Un message entendu par la foule, qui a promis de le relayer dans les familles, les quartiers et les villages.
Tout au long de ce mois, de nombreuses associations de femmes, des départements ministériels, des entreprises parapubliques et des entreprises privées se sont mobilisées à travers le pays par des campagnes de dépistage gratuit, des causeries éducatives, pour sensibiliser au dépistage précoce des cancers féminins.
Au Cameroun, l’enjeu est de taille. Selon les données GLOBOCAN 2022 de l’OMS, le pays a enregistré 19 564 nouveaux cas de cancers tous types confondus et 12 798 décès. Le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme, avec 4 207 nouveaux cas et 2 285 décès en 2022. Il représente près de 30 % des nouveaux cancers féminins. Les dernières estimations 2024 du CIRC confirment la tendance avec 2 824 nouveaux cas.
J.E

