Élections 2027: Près de 4 000 citoyens mobilisés pour surveiller les urnes

Le 26 octobre 2026 à Douala, l’ONG Un Monde Avenir et la Fondation Friedrich Ebert ont lancé une opération nationale de formation des observateurs indépendants, afin de prévenir les fraudes et les violences lors du scrutin de 2027.

La transparence électorale se prépare aussi loin des bureaux de vote. À quatre mois des échéances électorales de 2027, près de 4 000 citoyens s’apprêtent à devenir les yeux et les oreilles du scrutin au Cameroun. Le 26 octobre 2026 à Douala, l’ONG Un Monde Avenir et la Fondation Friedrich Ebert ont lancé une vaste opération de formation destinée à renforcer les capacités des observateurs indépendants. Derrière cette mobilisation, une ambition : détecter les irrégularités, documenter les incidents et contribuer à prévenir les contestations susceptibles de dégénérer en violences.

L’initiative s’étendra jusqu’en février 2027, avec plus de 100 sessions de formation réparties dans les dix régions du pays, apprend-on. Dans le Littoral, 1 800 observateurs sont déjà mobilisés. À Douala, les organisateurs visent une couverture d’au moins 80 % des centres de vote et prévoient le déploiement de plus de 2 500 observateurs lors des prochaines consultations électorales. D’après les organisateurs, l’enjeu ne consiste pas seulement à multiplier les présences autour des urnes. Il s’agit surtout de donner aux observateurs les moyens de distinguer une anomalie d’une irrégularité avérée, puis de la signaler de manière objective.

Pour y parvenir, les participants seront formés à la maîtrise du Code électoral, au fonctionnement des institutions et aux mécanismes de répartition des sièges lors des élections législatives et municipales. Une attention particulière sera également accordée au rôle d’Élections Cameroon (Elecam) et aux différentes commissions intervenant dans le processus. Les techniques d’observation occuperont une place centrale dans le dispositif. Les participants devront apprendre à repérer les dysfonctionnements avant, pendant et après le vote. Les exercices pratiques, les études de cas et les mises en situation permettront de confronter les connaissances théoriques aux réalités du terrain.

Un pool de cinq formateurs experts assurera cet apprentissage. Les bénéficiaires sont issus notamment des associations de jeunes, de femmes, des personnes à mobilité réduite et des organisations de la société civile. Une centaine de journalistes figurent également parmi les personnes à former. Au-delà de la surveillance électorale, le programme entend s’attaquer à une difficulté persistante : la défiance d’une partie des citoyens envers les institutions électorales. Depuis le retour au multipartisme en 1990, les controverses entourant les scrutins ont régulièrement alimenté les tensions politiques et les contestations des résultats.

Cette défiance se lit aussi dans les chiffres. Au 1er janvier 2026, le fichier électoral national comptait 8 010 464 inscrits, pour un potentiel estimé à 15 millions de citoyens en âge de voter. Dans ce contexte, la formation des observateurs apparaît comme un levier de prévention. En documentant les incidents et en favorisant le signalement des irrégularités, les organisations de la société civile espèrent contribuer à limiter les tensions avant qu’elles ne prennent une tournure violente.

H.T

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