MRC : Tiriane Balbine Noah, le choix de la continuité

Élue à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avec 96 % des suffrages exprimés, ce 17 octobre, l’ancienne présidente par intérim entend prolonger l’œuvre politique de Maurice Kamto.

 La succession de Maurice Kamto à la tête du MRC se dessine sous le signe de la continuité. Ce 17 octobre, Tiriane Balbine Noah, ancienne vice-présidente assurant l’intérim, a été porté à la tête  du parti avec 1 246 voix favorables, contre 29 voix défavorables et 11 bulletins nuls. Un résultat qui consacre son accession à la tête de la formation politique, tout en confirmant son attachement à la ligne défendue par son prédécesseur.

Dès son premier discours en qualité de présidente élue, la nouvelle dirigeante a levé toute ambiguïté sur ses intentions. Pas question, pour elle, de rompre avec l’héritage politique de Maurice Kamto, figure centrale du MRC.  « Je ne suis pas la candidate de la rupture, mais de la continuité. « Je revendique la fidélité au professeur Maurice Kamto, président émérite et candidat à la prochaine élection présidentielle », a-t-elle affirmé devant les militants, qui ont salué son intervention.

Au-delà de la succession, la nouvelle présidente a également abordé plusieurs dossiers nationaux. Elle a notamment dénoncé la situation économique du Cameroun, évoqué la persistance de la crise anglophone et contesté l’hypothèse d’une vice-présidence de la République confiée à une personnalité appelée à succéder à un président élu. Sur ce dernier point, le MRC maintient son opposition, considérant un tel mécanisme comme contraire à la Constitution et aux principes républicains. « Le MRC n’acceptera jamais ce coup d’État constitutionnel contraire aux principes de notre République, comme ceux de l’Union africaine », a-t-elle martelé.

La question du calendrier électoral s’est également invitée dans son discours. Tiriane Balbine Noah a regretté l’absence de date pour les prochaines élections municipales et législatives, estimant que les contraintes financières ne sauraient justifier un nouveau report.

Toutefois, derrière cette victoire se profile une controverse sur la légitimité de la convention. Alors que le résultat est connu, Willy Mengue, l’un des cadres exclus du MRC, continue de contester la tenue de cette rencontre. Invité de l’émission Débattons, sur Times TV, le 18 octobre, il a soutenu que la convention ne pouvait être valablement convoquée que par le président du parti élu en 2023. Il met également en cause le quorum, affirmant que le MRC devrait compter au moins 2 224 délégués, alors que 1 286 votants auraient été recensés. Selon lui, les règles de représentation régionale et de majorité prévues par les textes n’auraient pas été respectées. « On ne peut pas valider les travaux d’une telle convention », conclut-il.

Après avoir contesté son exclusion et tenté, sans succès, d’obtenir l’interdiction administrative de la réunion, Willy Mengue maintient donc sa position. La suite de la procédure passe désormais par le dépôt des résolutions au ministère de l’Administration territoriale, puis par la prise d’acte du ministre, une étape attendue dans un climat de contestation persistante.

Julien Efila

 

 

 

 

 

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