Jean Tsomelou: Du SDF à l’UNDP
L’ancien secrétaire général du parti dont avait la présidence Ni John Nfru Ndi Social Democratic Front (SDF) poursuit son parcours politique sous une nouvelle bannière.
Son arrivée à l’UNDP n’est pas totalement nouvelle. En juillet 2025, Jean Tsomelou avait déjà rejoint officiellement cette formation politique aux côtés d’autres anciens responsables du SDF. Quelques mois plus tard, il participe à la campagne présidentielle de l’UNDP. Son intégration au Comité central vient donc donner une nouvelle dimension à cette reconversion politique. Le choix de cette nouvelle formation intervient après une période mouvementée au sein du SDF. Ancien cadre dirigeant du parti, Jean Tsomelou avait occupé pendant plusieurs années une position importante dans l’appareil de la formation créée par Ni John Fru Ndi. Son expérience et son implantation dans la région de l’Ouest en faisaient l’un des responsables régulièrement associés aux grandes séquences de la vie du parti.
Avant l’UNDP, c’est donc au SDF que Jean Tsomelou a construit l’essentiel de son identité politique. Son ascension commence relativement tôt. En 1997, à 29 ans, il est élu député dans la circonscription des Bamboutos, sous les couleurs du SDF. Il fait alors son entrée à l’Assemblée nationale au moment où le parti d’opposition occupe une place importante dans le paysage politique camerounais. Après cette première expérience parlementaire, il poursuit son implantation dans l’Ouest et gravit progressivement les échelons du parti. En 2010, il accède à la présidence régionale du SDF dans l’Ouest. Trois ans plus tard, il retrouve le Parlement, cette fois au Sénat. Élu sénateur de la région de l’Ouest en 2013, il prend ensuite la tête du groupe parlementaire SDF au Sénat.
Cette succession de responsabilités contribue à faire de lui l’un des cadres importants du parti. Mais son parcours ne se limite pas aux fonctions électives. Jean Tsomelou participe également à la vie interne du SDF, dans un contexte où les débats sur l’organisation, la succession et l’orientation du parti prennent progressivement de l’ampleur. En janvier 2017, une nouvelle étape est franchie. Il est nommé secrétaire général du SDF. Pendant plusieurs années, il devient ainsi l’un des principaux responsables chargés de l’administration et de la coordination du parti. Depuis cette position, il intervient dans plusieurs grandes échéances politiques et défend la nécessité de maintenir l’organisation du parti sur le terrain.
Mais cette ascension est suivie d’une période de tensions internes. En juin 2022, Jean Tsomelou est relevé de ses fonctions de secrétaire général. Il rejoint ensuite le courant interne regroupant plusieurs responsables contestant la direction du parti. En février 2023, il figure parmi les cadres exclus du SDF. Cette rupture marque un tournant. Après plusieurs décennies sous les couleurs du SDF, l’ancien député et sénateur se retrouve désormais engagé dans une autre formation politique. Son adhésion à l’UNDP apparaît alors comme un nouveau point de départ.
Son parcours scolaire et sa formation ont également contribué à façonner son profil. Les informations publiques disponibles documentent notamment son passage par l’Institut international des droits de l’Homme de Strasbourg, en France, où il obtient en 2000 une formation spécialisée dans le domaine des droits humains. Une orientation qui accompagne son engagement dans la vie publique et politique. De jeune député des Bamboutos à sénateur de l’Ouest, puis secrétaire général d’un grand parti d’opposition, Jean Tsomelou a connu plusieurs niveaux de responsabilité au cours de sa carrière. Son entrée au Comité central de l’UNDP constitue désormais une nouvelle étape de cette trajectoire.
À l’approche des prochaines échéances électorales, cette nouvelle position pourrait notamment lui permettre de mettre son expérience politique et son implantation dans l’Ouest au service de sa nouvelle formation. Mais au-delà des fonctions, son parcours illustre surtout les transformations d’une carrière politique construite sur près de trois décennies : une carrière commencée au SDF et qui se poursuit aujourd’hui à l’UNDP.
Diane Kenfack

