Budget 2026: Le PAN plaide pour un programme budgétaire plus réaliste

En ouvrant la session parlementaire le 3 novembre dernier, Cavaye Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale (PAN), a exhorté le gouvernement à présenter un budget sincère, cohérent et en phase avec les priorités fixées par le président Paul Biya dans le cadre de son nouveau septennat.

Le palais des Verres Paul Biya de Ngoa-Ekellé a pris vie ce 3 novembre. En présence des membres du gouvernement, des diplomates et des représentants des institutions de la République, la session budgétaire de novembre a été solennellement ouverte par le président de l’Assemblée nationale, le très honorable Cavaye Yéguié Djibril. Une session cruciale, puisqu’elle marque l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026, le tout premier du nouveau septennat des « Grandes Espérances », politique annoncée par le président de la République, nouvellement réélu pour un 8ᵉ mandat à l’âge de 93 ans.

Dans son allocution d’ouverture, le PAN a livré un message clair : le budget 2026 doit être réaliste, responsable et conforme aux orientations du chef de l’État, telles qu’annoncées dans son programme. « Surtout, que ce budget soit un instrument adapté qui permette à son excellence Paul Biya de démarrer son nouveau septennat en toute sérénité », a-t-il déclaré devant les députés. Pour le président de la Chambre basse, il ne s’agit pas d’un budget comme les autres. Celui-ci, a-t-il souligné, doit marquer un tournant stratégique : celui de la traduction en actes concrets des promesses faites à la nation.

Des priorités économiques claires

La circulaire présidentielle du 18 juillet 2025, relative à la préparation du budget 2026, a fixé la ligne directrice : poursuivre la consolidation budgétaire sans freiner la relance économique. L’objectif est de maintenir le déficit global dans la limite de 3 % du PIB, conformément aux engagements régionaux de la CEMAC, tout en maîtrisant l’endettement public.

Le gouvernement est invité à optimiser la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales, à rationaliser les dépenses courantes et à dégager davantage de ressources pour l’investissement productif.

Ces orientations répondent à un double impératif : restaurer la soutenabilité des finances publiques tout en soutenant la croissance. Le Cameroun, qui négocie un nouveau programme économique avec le Fonds monétaire international (FMI), doit démontrer sa capacité à conjuguer discipline budgétaire et ambitions de développement.

Aussi, le discours de campagne de Paul Biya à Maroua, le 7 octobre dernier, ainsi que celui de sa prestation de serment ce 6 novembre restent l’une des boussoles politiques de ce budget. Le chef de l’État y avait annoncé que l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes seraient les deux leviers majeurs du septennat. Le budget 2026 devra donc intégrer des mesures fortes pour stimuler l’insertion professionnelle, réformer le Fonds national de l’emploi et encourager l’auto-entrepreneuriat.

Ces orientations traduisent une volonté d’inclusion sociale et de rajeunissement des élites, dans un contexte où près de 38 % de la population vit encore sous le seuil national de pauvreté, selon les données publiées en avril dernier par l’Institut national de la statistique (INS).

Avec un budget 2025 déjà porté à 7 735,9 milliards de FCFA après révision, l’État camerounais devrait, en 2026, maintenir la tendance haussière de ses dépenses, tout en cherchant un équilibre entre rigueur et efficacité.

Julien Efila

 

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