Décès d’Anicet Ekane: Maurice Kamto exige la restitution du corps

Dans un communiqué daté du 21 février, le leader du MRC demande aux autorités de restituer sans délai la dépouille du président du Mouvement africain pour une nouvelle indépendance et une nouvelle démocratie (Manidem) à ses proches, afin d’abréger les souffrances de ces derniers.

Mort en détention, Anicet Ekane n’a toujours pas été enterré. Sa dépouille reste entre les mains des autorités. Dans un communiqué daté du 22 février 2026, avec visiblement pour objet « dénonciation de la confiscation de la dépouille mortelle d’Anicet Ekane par les autorités de l’État du Cameroun », le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) dénonce une confiscation « dont les éléments connus indiquent que sa mort fut orchestrée ».

Pour le leader du MRC, cette confiscation prolonge la souffrance des proches et alimente les interrogations autour des circonstances du décès. « Nous dénonçons vivement ces pratiques barbares et inhumaines dignes des dictatures les plus obscurantistes » Maurice Kamto estime par ailleurs que « quel que soit ce que le régime en place reprochait à Anicet EKANE, celui-ci ne méritait pas le traitement odieux dont il a fait l’objet à la fin de sa vie, ni la souillure abjecte de sa mémoire et le châtiment obscène qu’il inflige à sa famille, ses proches et les membres de sa formation politique », peut -on lire dans le communiqué parvenu à notre rédaction.

Par conséquent, le parti exige que le corps soit remis à la famille éplorée sans délai afin que la famille puisse organiser les obsèques et « abréger les souffrances indicibles des proches du défunt et de tous ceux qui l’ont connu, aimé et apprécié dans le champ politique ou l’espace social ».

Par la même occasion, le Mrc exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et autres prisonniers d’opinion, « y compris les personnes arrêtées dans le cadre de la crise postélectorale d’octobre 2025, dont une partie importante est constituée de mineurs ».

Président du Mouvement africain pour une nouvelle indépendance et une nouvelle démocratie (Manidem), Anicet Ekane est décédé le 1ᵉʳ décembre 2025 dans les locaux du Secrétariat d’État à la défense (Sed) à Yaoundé. Il avait été interpellé le 24 octobre 2025 à Douala, dans un contexte de tensions postélectorales.

Son arrestation faisait suite aux heurts intervenus avant et après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Le Manidem soutenait la candidature d’Issa Tchiroma Bakary et contestait les résultats proclamés. Les autorités soupçonnaient Anicet Ekane d’infractions telles que l’hostilité envers la patrie, l’incitation à la révolte ou encore l’appel à l’insurrection.

Transféré à Yaoundé, et selon ses proches et ses soutiens, il aurait été privé de l’équipement médical qui lui permettait de stabiliser son état de santé. Âgé de 73 ans et souffrant de problèmes médicaux, il aurait succombé après plus d’un mois de détention. À ce jour, les circonstances précises de sa mort n’ont pas été rendues publiques.

Né le 17 avril 1951 à Douala, Anicet Ekane comptait près de cinquante ans de militantisme politique.  Figure connue du paysage politique camerounais et africain, il dirigeait le Manidem, formation politique prônant une nouvelle indépendance et une nouvelle démocratie. Ses partisans saluent en lui un militant constant, engagé sur les questions de souveraineté et de réforme institutionnelle.

Julien Efila

 

 

 

 

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