Corridor Douala-Bangui: Le secteur privé pour transformer l’axe de l’intégration

Emmanuel Nganou Djoumessi a réuni le 14 avril 2026 à Yaoundé, les acteurs du secteur privé pour leur présenter le programme d’aménagement du corridor Douala-Bangui, une vitrine de la performance en zone Cemac.

L’enjeu est de taille, car le corridor Douala-Bangui n’est pas seulement une route, c’est également le poumon économique de la sous-région assurant l’essentiel du transit de marchandises vers la République Centrafricaine. Pourtant, la dégradation de certains tronçons et les lenteurs logistiques pèsent lourdement sur les coûts de transport. C’est pour briser ce plafond de verre que le gouvernement camerounais a convié les banquiers, investisseurs et des géants du Bâtiments des Travaux Publics (BTP) à une session de présentation stratégique le 14 avril 2026 à Yaoundé. Face aux contraintes budgétaires, l’État opère un virage pragmatique. À cet effet, le programme d’aménagement présenté à Yaoundé le 14 avril de l’année en cours repose sur la synergie accrue avec les capitaux privés.

Lors de sa présentation, Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre des travaux publics (Mintp) a été clair « l’administration ne se contentera plus de commander des travaux, elle cherche désormais des partenaires de long terme », a -t-il clarifié. Pour la circonstance, le modèle privilégié est celui du Build Operate Transfer (BOT), qui est un mécanisme permettant à l’opérateur privé de financer, construire et exploiter l’infrastructure pendant une durée déterminée pour rentabiliser son investissement, avant de la rétrocéder à l’État.  Une approche qui garantit non seulement la disponibilité immédiate des fonds, mais aussi une maintenance de qualité supérieure, condition sine qua non de la durabilité des ouvrages.

Une offre intégrée au-delà du bitume

Notons que le programme dévoilé par le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi ne se limite pas à la simple pose d’enrobé. Pour séduire les investisseurs, le MINTP, propose une offre globale incluant des infrastructures génératrices de revenus avec en prime, la modernisation des péages visant l’automatisation complète pour sécuriser les recettes. À cela s’ajoute des stations de pesage intelligentes, ce dispositif crucial pour limiter la surcharge à l’essieu et responsable de la ruine précoce des chaussées. Enfin, l’offre propose également des aires de repos sécurisées qui sont ces zones de vie pour les transporteurs incluant des services logistiques, de restauration et de sécurité, améliorant ainsi la fluidité du trafic.

Cette offensive diplomatique et économique est un signal fort pour la sous-région Afrique-Centrale, puisqu’elle est scrutée de près par les partenaires de la CEMAC. En facilitant le transit depuis le Port Autonome de Douala jusqu’à Bangui, le Cameroun renforce son rôle de plateforme logistique régionale. Pour les syndicats de transporteurs, l’annonce est accueillie avec un optimisme prudent. « Si la qualité des routes suit et que les barrières non-tarifaires baissent grâce à ces nouveaux aménagements, c’est toute l’économie qui va respirer », a confié un opérateur à la sortie de la réunion. En outre, la prochaine étape consistera en la publication des appels à manifestation d’intérêt, suite au calendrier gouvernemental serré, signe d’une volonté d’accélérer les chantiers routiers avant la fin de l’exercice 2026. Toutefois, l’appel du pied aux investisseurs est lancé, reste désormais à transformer l’essai contractuel en réalité sur le terrain.  Un modèle « gagnant-gagnant », brandi par les pouvoirs publics qui espèrent ainsi contourner le goulot d’étranglement de la dette souveraine tout en redonnant un souffle vital à cet axe névralgique des échanges en zone CEMAC.

Arnaud Joseph Etoundi 

 

 

 

 

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