Conseil régional du Sud : Éric Gervais Ndo face aux attentes des populations
Installé officiellement le 23 janvier par le gouverneur de la région du Sud, le nouveau président du conseil régional hérite d’une feuille de route exigeante axée sur la relance de l’institution, la refondation de sa gouvernance et la production de résultats concrets attendus par les populations.
Relancer le Conseil régional du Sud et en faire un véritable levier de développement local. C’est la mission prioritaire confiée à Éric Gervais à l’occasion de son installation officielle à la tête de l’exécutif régional. Procédant à la cérémonie, le gouverneur de la région du Sud n’a pas seulement entériné un changement à la tête de l’institution, il a surtout prescrit une feuille de route exigeante, présentée comme un impératif de refondation et de repositionnement stratégique de cette instance, levier du développement de la région.
Dans son allocution, l’autorité administrative a insisté sur la nécessité de rompre avec les pesanteurs qui ont freiné l’action du Conseil régional. « Le changement que vous incarnez doit constituer un temps de refondation, de clarification des priorités et de relance stratégique des actions du Conseil régional », a déclaré le gouverneur. Cette relance, a-t-il souligné, conditionne la crédibilité et l’efficacité futures de l’institution.
Au-delà de la relance interne, le gouverneur a rappelé que l’action du Conseil régional doit désormais se fonder exclusivement sur l’intérêt général régional. « L’action du Conseil régional doit se fonder exclusivement sur l’intérêt général régional, au-delà des appartenances communales, des considérations partisanes ou des réflexes de cloisonnement administratif », a-t-il martelé. À ce titre, Éric Gervais Ndo est appelé à incarner l’unité et la cohésion de l’ensemble des populations du Sud.
La mission confiée au nouveau président est qualifiée d’« exaltante et exigeante ». Elle requiert, selon l’administrateur civil, rigueur, sens de l’écoute, esprit de dialogue, transparence dans la gestion des ressources publiques et engagement constant au service du développement social et économique. Le Conseil régional est ainsi invité à devenir « un véritable levier de développement local », mais aussi un cadre de concertation et de coordination des initiatives, en parfaite synergie avec les autorités administratives, les administrations sectorielles, les autres collectivités territoriales décentralisées et les partenaires techniques et financiers.
Les priorités sectorielles ont été clairement énoncées. Félix Nguelé Nguelé a appelé à recentrer l’action du Conseil régional sur les besoins essentiels des populations, notamment les infrastructures de base, le désenclavement, la formation professionnelle, l’emploi des jeunes, la promotion des femmes, la valorisation des ressources locales et l’amélioration du cadre de vie. « Les populations de la région du Sud attendent des solutions concrètes, des résultats visibles et une impulsion nouvelle dans la conduite du développement local », a-t-il insisté, soulignant l’urgence de passer des intentions aux réalisations.
La relance du Conseil passe également, selon l’autorité administrative, par une meilleure planification, une gestion rigoureuse des projets, une mobilisation accrue des ressources et une coopération renforcée avec les partenaires techniques et financiers.
Dans cet élan de renouveau, le gouverneur a toutefois tenu à reconnaître les efforts du président sortant, Emmanuel Mvé Elemva, absent de cette cérémonie. Son action, a-t-il relevé, a permis de poser certains jalons, notamment en matière de structuration administrative du Conseil régional, d’amorçage des premiers projets de développement local et d’appropriation progressive de l’institution par l’administration. Des acquis sur lesquels le nouveau président est appelé à capitaliser.
Reconnu comme un militant de la première heure, Éric Gervais Ndo est un responsable politique de base du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais(RDPC) depuis 1986. Son parcours est marqué par de nombreuses responsabilités, notamment chef de la délégation des maires du Sud au comice agropastoral d’Ebolowa et président de la commission de mobilisation générale lors dudit comice, vice-président de la commission régionale du RDPC pour l’élection des sénateurs en 2013, ainsi que président, membre et chargé de mission de plusieurs campagnes du parti de Paul Biya dans la région.
Ancien président régional des communes et villes du Sud, maire d’Ebolowa II, président de la section RDPC Mvila Centre II et premier vice-président du Conseil régional du Sud, il a été porté à la tête de l’institution par les conseillers régionaux dans un contexte électoral marqué par de fortes tensions du fait de la tentative de la hiérarchie du parti d’imposer un individu, finalement ignoré par le corps électoral qui avait préféré jeter son dévolu sur celui qui est désormais chargé de conduire la relance du Conseil régional du Sud.
Julien Efila

